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Résultats avec Windows Live® Search Nuit et Brouillard [Alain Resnais]Article
Nuit et Brouillard [Alain Resnais], film français d’Alain Resnais, réalisé en 1955. Commande du Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale pour la commémoration des dix ans de la libération des camps de concentration nazis, le projet de ce court métrage fut proposé à Alain Resnais par le producteur Anatole Dauman. Le jeune cinéaste s’était déjà fait remarquer par un documentaire anticolonialiste, Les statues meurent aussi, réalisé en collaboration avec Chris Marker et interdit par la censure. Il n’accepte de faire ce film que sous réserve que le commentaire en soit écrit par Jean Cayrol, ancien déporté et poète. Achevé à la fin de l’année 1955, Nuit et Brouillard est cependant soumis pendant plusieurs mois à la commission de censure : cette instance exige la suppression d’une photo, demeurée interdite pendant près de quarante ans et qui montre un gendarme français surveillant le camp de Pithiviers. Au festival de Cannes de 1956, le film n’est programmé que sous la pression des anciens déportés qui menacent d’occuper le palais. Nuit et brouillard d’Alain Resnais est l’un des films fondateurs du cinéma moderne qui repose sur un procédé d’alternance du passé et du présent, fondement de son discours. Autant et plus qu’un documentaire sur les camps de concentration, il s’agit d’une œuvre qui ouvre de nouveaux horizons à l’approche cinématographique de l’histoire et préside à la naissance d’un cinéma sachant allier les exigences de l’esthétique et celles de la morale. En montrant alternativement des images d’archives en noir et blanc et des images en couleurs tournées par Resnais sur les lieux même de l’horreur, le cinéaste ne se contente pas d’inviter les spectateurs à se souvenir et de les mettre en garde contre l’oubli, mais montre que la tâche d’un cinéma préoccupé d’histoire est de mettre en rapport le passé et le présent, d’inscrire le premier dans le second. Le commentaire écrit par l’écrivain Jean Cayrol participe de cette mise en perspective en soulignant à plusieurs reprises que rien n’est véritablement fini et que l’horreur peut toujours resurgir. Doué d’un sens remarquable de la pédagogie, le film, par les moyens propres au cinéma (ici, la rencontre d’images en couleur et d’images en noir et blanc, le commentaire en voix off écrit par Jean Cayrol, la musique de Hanns Eisler) et donc de l’art, élabore une véritable réflexion sur le plus grand désastre du siècle. À la suite de ce film, la critique a beaucoup glosé sur les rapports de la mise en scène et de la morale. Mais, par-delà ses interrogations (condensées dans la phrase du critique Luc Moullet selon laquelle « le travelling est affaire de morale »), le film d’Alain Resnais a gardé, pour tout le cinéma moderne, une valeur absolument exemplaire. Tous les cinéastes qui, après Alain Resnais, se sont penchés sur les rapports de l’image et de l’histoire (à l’instar de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet) lui doivent quelque chose.
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