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Que la fête commence [Bertrand Tavernier]

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Que la fête commence [Bertrand Tavernier], film français en couleurs de Bertrand Tavernier, réalisé en 1975.

En 1719, le duc Philippe d’Orléans (Philippe Noiret) est, depuis la mort de Louis XIV en 1715, régent de France pendant la minorité du futur roi Louis XV qui n’a alors que cinq ans. Grand débauché, le régent organise à la cour, avec le concours de sa première maîtresse Émilie (Christine Pascal), de nombreuses fêtes libertines. L’abbé Guillaume Dubois (Jean Rochefort), son ancien précepteur et plus proche conseiller politique, l’accompagne également lors de ces soupers galants. Esprit brillant, réformiste et libéral, Philippe d’Orléans s’attire l’hostilité de la haute aristocratie, qu’il a évincée du pouvoir, et d’une partie du clergé par son indifférence religieuse qui lui fait soutenir les jansénistes. Sous l’influence de Dubois, il fait exécuter le marquis de Pontcallec (Jean-Pierre Marielle), un noble désargenté qui tente de soulever la Bretagne contre le pouvoir en contractant une alliance avec l’Espagne. Tandis que la faillite du système bancaire de l’économiste John Law aggrave une situation financière déjà critique, la misère du peuple français s’accroît.

Comédie historique brillante, Que la fête commence est, après l’Horloger de Saint-Paul (1974, adapté de Simenon) et avant le Juge et l’Assassin (1976), le deuxième long-métrage de Bertrand Tavernier. La complexité de l’intrigue, l’importance donnée aux seconds rôles, multiples et servis par une distribution excellente, concourent à la finesse de l’analyse de cette période transitoire que fut la Régence. Portrait d’un homme intelligent, brillant et licencieux, Que la fête commence propose une interprétation des événements historiques de cette période d’extrême libéralisation des mœurs, de réaction politique et morale contre l’absolutisme et le rigorisme installés sous le règne précédent. Opposant misère du peuple et licence de la cour, il décèle dans cette période les signes précurseurs de la Révolution. L’intelligence des dialogues, la vivacité de la peinture des mœurs, le choix du réalisme et de la sobriété contre tout spectaculaire dans la représentation, contribuent à la parfaite réussite de ce tableau d’une époque, alliant magistralement comédie et réflexion historique.

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