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Résultats avec Windows Live® Search Rosemary's Baby [Roman Polanski]Article
Rosemary's Baby [Roman Polanski], film américain en couleurs de Roman Polanski, réalisé en 1968. Un jeune couple, Rosemary (Mia Farrow) et Guy Woodhouse (John Cassavetes), s’installe dans un vieil et vaste immeuble de Manhattan à l’étrange réputation. Un couple de voisins envahissants se montre cependant très accueillant et prévenant. Et quand Rosemary, enceinte, ressent de violentes douleurs au ventre, elle demande conseil à l’un d’eux, qui lui recommande un médecin de ses amis, le docteur Saperstein. Mais son état empire malgré les prescriptions médicales. Elle est bientôt convaincue d’avoir affaire à une secte maléfique et tente de s’enfuir. Mais Guy l’en empêche et la contraint à accoucher chez eux. L’enfant est déclaré mort-né, mais chaque nuit, Rosemary entend des vagissements de nouveau-né dans l’appartement voisin, où elle finit par se rendre un soir. Adapté d’un roman d’Ira Levin, Rosemary’s Baby marque l’arrivée de Roman Polanski à Hollywood. Loin d’assagir son imaginaire et ses obsessions, Polanski les renforce et trouve aux États-Unis les moyens de les exprimer pleinement. Toute son œuvre est d’une certaine manière partagée entre deux sujets : d’une part, les mauvais tours que peut jouer la perception rétinienne à tout observateur, d’autre part, le choc du dépaysement et de l’étrangeté au monde. Avec un art consommé de la suggestion, Rosemary’s Baby lie les deux sujets en un même mouvement et fait figure de film-programme pour les œuvres à venir. Tous les ingrédients de l’imaginaire fantasmatique polanskien sont ici présents : étude clinique de l’angoisse, frustration de la femme immature qui, à l’instar de Rosemary, subit de nombreuses métamorphoses psychologiques, oppression et acharnement d’une fraction du monde extérieur à l’encontre de personnages délogés de leur confortable quotidien. Polanski s’intéresse tout particulièrement à l’analyse du comportement de personnages en état de choc, et au lent et subtil basculement de la banalité vers le fantastique qu’opère ce bouleversement. Sa mise en scène fait succéder en alternance deux tendances : d’une part, un réalisme méticuleux et précis qui fait monter crescendo l’angoisse et rend vraisemblable l’invraisemblable ; et d’autre part, une remise au goût du jour de l’expressionnisme allemand, seule écriture cinématographique à même de projeter sur l’écran la paranoïa progressive, la folie douce et les plus subtils changements de perception du monde qui gagnent progressivement les personnages. Pour son premier film hollywoodien, Roman Polanski reprend ainsi certains thèmes de ses films précédents (le Couteau dans l’eau, 1962 ; Répulsion, 1965) et annonce la veine de films paranoïaques et torturés comme le Locataire (1976) ou Frantic (1988).
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