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Olympia [Édouard Manet]

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Manet, OlympiaManet, Olympia

Olympia [Édouard Manet], tableau d’Édouard Manet, peint en 1863.

Inspiré de la Vénus d’Urbino de Titien (1538, galerie des Offices, Florence) copié par Manet, de la Maja nue de Goya (1800, musée du Prado, Madrid), ou de la série des odalisques d’Ingres, Olympia (huile sur toile, 130,5 × 190 cm, musée d’Orsay, Paris) est appelé ainsi deux ans après sa réalisation (à l’occasion de sa présentation au Salon officiel de 1865), d’après un poème écrit par un ami du peintre, Zacharie Astruc. Le modèle peint par Manet est Victorine Meurent. Modèle favori de Manet, celle-ci prête également ses traits à Mlle V. en costume d’espada (Metropolitan Museum of Art, New York), exposé avec le Déjeuner sur l’herbe (musée d’Orsay) en mai 1863 au Salon des refusés.

Le scandale éclate dès l’ouverture du Salon officiel. La critique se déchaîne, Théophile Gaultier s’écrie : « Nous excuserions encore la laideur, mais vraie, étudiée, relevée par quelques splendides effets de couleur. Ici, il n’y a rien, nous sommes fâchés de le dire, que la volonté d’attirer le regard à tout prix ». Olympia sera donc décroché sous la pression de la critique. Le public ne peut en effet accepter de voir un grand sujet mythologique ainsi dévalué. Sous les traits d’Olympia, la déesse Vénus n’incarne plus un monde divin inaccessible, mais s’offre dans une nudité affirmée, vêtue de ses seules mules et d’un ruban de velours noir, recevant avec indifférence les hommages d’un admirateur anonyme. Le chat noir à la queue dressée vient ajouter une note d’ironie et transgresser les lois de l’iconographie traditionnelle en remplaçant, de sa présence satanique, le chien fidèle endormi aux pieds de la Vénus de Titien. Les spectateurs ne peuvent supporter davantage la modernité du traitement de l’œuvre, le contraste excessif des tons qui oppose ce « ventre jaune », la blancheur des draps, les couleurs éclatantes d’un bouquet (traité sur le même plan que les personnages) aux masses sombres du fond et au visage plongé dans l’obscurité de la servante.

Très affecté par la violence des railleries du public et de la critique, Manet répond sept ans plus tard : « Je rends aussi simplement que possible les choses que je vois. Ainsi, l’Olympia, quoi de plus naïf ? Il y a des duretés, me dit-on. Elles y étaient. Je les ai vues. J’ai fait ce que j’ai vu. » L’œuvre sera pourtant soutenue par des contemporains du peintre (tels Charles Baudelaire et Émile Zola), qui reconnaîtront dans ce nouveau regard porté sur l’art et la nature, un acte profondément moderne. En 1890, sept ans après la mort de Manet, Claude Monet, chef de file du mouvement impressionniste, lance de sa propre initiative une souscription publique pour acheter le tableau puis l’offrir à l’État. Exposé au Louvre en 1907 auprès de la Grande Odalisque d’Ingres, le tableau acquiert dès lors une grande notoriété.

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