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Conseil national du patronat français [CNPF], principale organisation syndicale qui a regroupé, de 1946 à 1998, les chefs d’entreprise français.
Rassemblant dès sa création, le 12 juin 1946, la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) et les grandes fédérations patronales du commerce et de l’industrie, le CNPF se veut le défenseur de la libre entreprise qu’il estime menacée par la croissance de l’État-providence. Le CNPF soutient, avec Georges Villiers, président de 1946 à 1966, la modernisation de l’appareil productif, et mène une lutte incessante contre le dirigisme et contre les syndicats ouvriers qu’il refuse de rencontrer jusqu’en 1967. Méfiant face aux projets européens, il ne se rallie que tardivement (1957) à la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Tirant les leçons des événements de Mai 68, le CNPF, sous la direction de Paul Huvelin (1966-1972) et de François Ceyrac (1972-1981), renoue avec le dialogue social et signe, de 1969 à 1974, une série d’accords avec les syndicats (mensualisation des salaires, formation continue, indemnisation totale du chômage pendant un an, etc.). Face à la crise économique qui débute en 1973, il défend la mise en œuvre d’une politique résolument expansionniste fondée sur la coopération entre l’État et les entreprises et la conquête des marchés extérieurs. Yvon Gattaz, élu au lendemain de la victoire de François Mitterrand (1981), s’efforce d’atténuer les effets des nationalisations (décembre 1981) et des lois Auroux qui visent à renforcer la démocratie dans l’entreprise (1982), avant de lancer une vaste campagne en faveur de la baisse des charges et de la flexibilité du travail, seuls moyens, selon lui, de combattre le chômage.
La libéralisation de l’économie poursuivie par les divers gouvernements après 1986 apparaît paradoxalement comme une période de crise pour l’organisation patronale, dirigée par François Périgot. Les démissions spectaculaires d’Yvon Chotard de la présidence de la commission sociale en mars 1986, puis de Jean Gandois (décembre 1997, président du CNPF depuis 1994) témoignent de la difficulté du CNPF à gérer la coexistence, en son sein, de représentants d’entreprises souvent forts diverses par leurs tailles et par leurs objectifs. Dans ce contexte, la lutte engagée par Ernest-Antoine Seillière, élu président du CNPF en décembre 1997, contre le projet de loi visant à ramener la durée légale du travail à 35 heures, apparaît aussi comme un moyen de redonner vie à l’unité patronale. Dans cette même perspective de rénovation des structures et des pratiques de l’organisation, le CNPF est devenu le Mouvement des entreprises de France (Medef) en octobre 1998.
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