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Plan de l'article
Présentation ; Naissance et scission du Destour (1920-1934) ; Le Parti socialiste destourien : un parti unique ; La mainmise du Rassemblement constitutionnel démocratique sur l’État
Destour parti nationaliste tunisien, principal acteur de l’indépendance de la Tunisie (1956), ayant donné naissance en 1964 au Parti socialiste destourien (PSD), rebaptisé Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) en 1984.
Fondé en 1920 par d’anciens responsables du mouvement nationaliste des « Jeunes-Tunisiens », le Destour revendique le rétablissement de la Constitution (destour, en arabe) dont la Tunisie s’est dotée en 1861, quelques années avant l’établissement du protectorat français (1881). En 1934, il fait l’objet d’une scission sous l’impulsion de jeunes militants réunis autour d’Habib Bourguiba, favorables à une refonte sociale et économique de la société qui permette l’instauration d’un État laïque et moderne. Ainsi naît le Néo-Destour, qui apparaîtra longtemps comme le seul parti politique moderne du monde arabe, tandis que les tenants de l’aile traditionaliste du parti se rassemblent au sein du Vieux Destour. Bien implanté dans les milieux populaires et ruraux, le Néo-Destour prend la direction du mouvement nationaliste et intensifie la lutte contre la puissance coloniale. En 1938, alors que des émeutes éclatent à Tunis, ses chefs sont poursuivis, incarcérés, bannis. Habib Bourguiba est arrêté par les autorités françaises à Marseille, et assigné à résidence en métropole. En juin 1955, reconnu comme un interlocuteur privilégié par le président du Conseil Pierre Mendès France, Habib Bourguiba effectue un retour triomphal en Tunisie. Il écarte alors Salah ben Youssef de l’exécutif du Néo-Destour, dont il prend le contrôle.
Sous la direction d’Habib Bourguiba, le Néo-Destour milite activement pour l’indépendance de la Tunisie, la modernisation de la société, la mise en place d’une Constitution et l’édification du nouvel État. L’indépendance nationale est obtenue le 20 mars 1956, et Habib Bourguiba est élu président de la jeune République tunisienne l’année suivante. En 1964, dans le cadre de la tentative de collectivisation de l’économie, le Néo-Destour devient le Parti socialiste destourien (PSD). L’action du parti, personnifié par Habib Bourguiba, s’identifie à celle du gouvernement. Aussi le PSD incarne-t-il la politique de modernisation, de laïcisation, d’émancipation des femmes et de réformes sociales et économiques menée par Habib Bourguiba, sans précédent en Tunisie et dans le monde arabe. Ce réformisme s’épanouit cependant au prix de la libéralisation politique : le régime autoritaire du PSD n’autorisera le multipartisme qu’en 1981, tandis qu’Habib Bourguiba a été proclamé président à vie en 1975 ; il s’accompagne en outre de la répression des revendications populaires (telles que les « émeutes du pain » de 1984), syndicales ou religieuses.
Nommé Premier ministre par Habib Bourguiba en octobre 1987, le général Zine el-Abidine Ben Ali destitue celui-ci en novembre pour « incapacité de gouverner ». Conformément à la Constitution tunisienne de 1959, Ben Ali accède le même mois à la présidence de la République. Dans le cadre de sa politique d’ouverture démocratique, il transforme le PSD en Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) et autorise le pluripartisme. Après les élections législatives de 1989, où le RCD remporte la totalité des sièges, l’opposition fait son entrée à l’Assemblée nationale à l’issue des élections législatives de 1994, à la faveur d’un nouveau code électoral. En 1999, avec 92 p. 100 des suffrages, le RCD cède 34 sièges à l’opposition parlementaire sur les 182 à pourvoir. Toutefois, à l’instar de l’opposition dite « démocratique » (formée par des partis non autorisés par le régime), nombre d’observateurs relèvent le caractère purement formel de cette démocratisation. Le RCD exercerait une surveillance générale sur les citoyens, comme en témoignent les scores vertigineux obtenus aux différents scrutins. Le nombre de sièges réservés aux cinq partis de l’opposition parlementaire ne serait qu’un alibi démocratique pour justifier les graves atteintes que le régime porte à l’État de droit (répression des opposants politiques, bâillonnement de la presse, pressions sur le pouvoir judiciaire, harcèlement des défenseurs des droits de l’homme).
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