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Rassemblement du peuple français [RPF]

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Charles de Gaulle à Strasbourg en 1947Charles de Gaulle à Strasbourg en 1947

Rassemblement du peuple français [RPF], mouvement politique français créé le 14 avril 1947 par le général de Gaulle.

Le Rassemblement du peuple français (RPF) exerce toutes les fonctions d’un parti politique, mais le général de Gaulle, chef et inspirateur incontesté du mouvement, récuse cette appellation, péjorative selon lui. Ceci permet aux adhérents du RPF d’avoir une double appartenance politique ; une quarantaine de députés sont dans ce cas en 1947. Jacques Soustelle en est le secrétaire général ; André Malraux et Raymond Aron en sont des membres illustres. Le RPF réunit d’anciens combattants des Forces françaises libres (FFL) et des réseaux de la Résistance, ainsi que des tenants de la droite traditionnelle.

Le RPF dénonce le communisme français, non tant pour ses idées révolutionnaires et collectivistes, que pour ses liens avec une puissance étrangère, l’URSS, présentée comme proche géographiquement et hostile politiquement. Par ailleurs, après avoir favorablement accueilli l’aide américaine à ses débuts, dans le cadre du plan Marshall (1947), le RPF devient antiaméricain, accusant les États-Unis de vouloir mettre sous tutelle l’indépendance de la France. C’est cette même inquiétude qui rend le général méfiant vis-à-vis des premières étapes de la construction européenne, ce qui l’amène à qualifier le plan Schuman (9 mai 1950), visant à mettre en place une Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), de « méli-mélo de charbon et d’acier ». En ce qui concerne les territoires d’outre-mer, le RPF considère que la souveraineté française doit s’y maintenir. Sur le plan des institutions, le RPF reprend les principes énoncés par de Gaulle dans le discours de Bayeux (1946) en vue d’une réforme de l’État, condamnant la Constitution de la IVe République, dénonçant un régime trop mou, et prônant l’établissement d’un exécutif fort, du bicamérisme et l’usage du référendum.

Le RPF rassemble environ 400 000 adhérents en 1948, chiffre considérable, et obtient environ 40 p. 100 des suffrages aux élections municipales d’octobre 1947, prenant ainsi le contrôle de 13 des 25 plus grandes villes françaises. Le 27 octobre 1947, de Gaulle est alors en mesure de demander, mais pas d’obtenir, la dissolution de l’Assemblée nationale pour cause de non-représentativité. En juin 1951, le RPF obtient un succès moindre aux élections législatives, avec 21,5 p. 100 des suffrages et environ un cinquième des sièges. Peu à peu, nombre de députés gaullistes deviennent moins opposés à la IVe République que le général, et dès 1952, avec l’arrivée au pouvoir d’Antoine Pinay, le RPF se divise.

En mai 1953, le général de Gaulle, voyant ses chances de parvenir au pouvoir s’éloigner, rend leur liberté aux députés du RPF qui fondent des mouvements tels qu’Action républicaine et sociale (ARS) et Union républicaine d’Action sociale (URAS). ceux-ci se regroupent sous le nom de Républicains sociaux à l’Assemblée nationale, et participent pour certains aux gouvernements. Aux élections législatives d’avril 1956, les gaullistes n’obtiennent plus que 5,5 p. 100 des suffrages. Après 1958, les gaullistes se regroupent dans l’Union pour la nouvelle République (UNR), puis dans l’Union des démocrates pour la République (UDR) à partir de 1967.

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