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Peau d'Âne [Charles Perrault]

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Charles PerraultCharles Perrault
Plan de l'article
1

Présentation

Peau d'Âne [Charles Perrault], conte en vers de Charles Perrault publié pour la première fois en 1694 avec les contes Griselidis et les Souhaits ridicules, puis repris en 1781 dans le recueil Contes. À compter de cette date, une version anonyme en prose remplace souvent celle de Perrault.

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Résumé

Un roi, fort amoureux de son épouse, possède un âne qui ne fait jamais de crottes, mais de beaux écus et des louis d’or. La reine vient à mourir, non sans avoir fait promettre à son époux de ne se remarier qu’avec une femme qui soit plus belle, mieux faite et plus sage qu’elle. Le roi tombe alors amoureux de sa propre fille, qu’il entend bien épouser, même contre sa volonté (« La jeune princesse, remplie de vertu et de pudeur, pensa s’évanouir à cette horrible proposition. Elle se jeta aux pieds du roi son père, et le conjura, avec toute la force qu’elle put trouver dans son esprit, de ne la pas contraindre à commettre un tel crime. »). La jeune fille, sur les conseils de sa marraine, qui est fée, demande successivement à son père, avant de consentir à l’épouser, une robe « couleur du Temps », puis une robe « couleur de Lune » et enfin une robe « couleur du Soleil ». Cependant chaque fois, les meilleurs ouvriers du royaume (menacés de pendaison par le roi s’ils échouent) parviennent à confectionner la parure. La princesse exige alors la peau de l’âne, qu’on lui apporte sur-le-champ.

Alors, se dissimulant sous la peau de l’âne, le visage couvert de suie, la princesse s’enfuit dans un lointain royaume et se fait engager comme souillon dans une métairie. Sa marraine lui a cependant fourni une cassette magique qui voyage sous terre en même temps qu’elle et qui lui permet d’avoir ses parures toujours à disposition. Ainsi un jour, le jeune prince du royaume l’aperçoit par le trou de la serrure, parée de sa robe couleur du Soleil, et en tombe aussitôt amoureux. Il se renseigne sur elle alentours, mais on lui répond que « c’était une souillon, qu’on nommait Peau d’Âne à cause de la peau dont elle s’habillait, et qu’elle était si sale et si crasseuse, que personne ne la regardait ni lui parlait et qu’on ne l’avait prise que par pitié, pour garder les moutons et les dindons. »

Rentré au palais de son père, le prince se laisse dépérir d’amour, jusqu’à ce que, sur l’insistance de sa mère la reine, il exprime une curieuse demande : que Peau d’Âne lui confectionne un gâteau. En lui préparant ce gâteau, Peau d’Âne laisse tomber sa bague, ornée d’une émeraude, dans la pâte. Le prince toujours tourmenté par sa passion, mais « n’osant non plus croire ce qu’il avait vu par le trou de la serrure, de crainte qu’on se moquât de lui et qu’on le prît pour un visionnaire », se met en quête de la propriétaire de la bague. Toutes les femmes du royaume essaient l’anneau, sans succès. Seule Peau d’Âne y parvient. L’hymen est célébré en présence du père de Peau d’Âne, entre-temps guéri de son amour incestueux.

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La version des frères Grimm

Les frères Grimm livrent, sous le titre de Peau-de-Mille-Bêtes (dans le recueil Contes des enfants et du foyer), une version quelque peu différente du conte. Le personnage de la marraine y est absent. Le roi incestueux offre les trois robes à sa fille, ainsi qu’un manteau fait de mille peaux et de mille fourrures. La princesse s’enfuit dans un autre royaume, emportant ses trois robes dans une coquille de noix. Employée aux cuisines, elle laisse successivement tomber dans la soupe qu’elle prépare pour le roi un anneau d’or, un rouet d’or et un dévidoir d’or. Elle paraît également trois fois au bal, vêtue de chacune de ses robes, s’enfuyant à chaque fois peu après. La troisième fois, le roi lui glisse à son insu un anneau d’or au petit doigt, grâce auquel il la reconnaît.

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Des antécédents littéraires

Peau d’Âne pouvait désigner au xviie siècle toutes les histoires de la tradition orale. Ainsi la petite Louison, dans le Malade imaginaire de Molière (1673), propose à son père Argan le conte de Peau d’Âne ou bien la fable du Corbeau et du Renard.

Charles Perrault aurait pu lire plusieurs versions littéraires très différentes mais contenant des motifs présents dans le conte, comme ceux du père incestueux, de la fuite sous un déguisement répugnant et de la reconnaissance de l’héroïne grâce à l’anneau. On peut citer l’Histoire de la belle Hélène de Constantinople (fin du xvie siècle), l’Histoire de Thibaud, prince de Salerne de Straparole (Facétieuses Nuits, I, 4), la Légende de sainte Dipne de Pierre Ribadeneira (Fleur de la vie des saints, 1616), ainsi que l’Ours de Basile (Pentamerone, II, 6). Il est probable cependant que Perrault se soit plutôt inspiré de la tradition orale.

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