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Résultats avec Windows Live® Search marines (art)Article
Plan de l'article
Présentation ; L’exaltation de la puissance maritime ; L’homme et la mer ; La représentation de la mer dans l’art du Japon ; La peinture de marines aux xixe et xxe siècles
marines (art), œuvres peintes prenant la mer pour sujet central ; par extension, « marines » désigne un genre pictural.
Bien que des représentations de la mer soient apparues dès les xve et xvie siècles dans les tableaux de peintres tels que Pieter Bruegel l’Ancien (la Chute d’Icare, v. 1555-1560, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles ; la Tour de Babel, 1563, Kunsthistorisches Museum, Vienne), ce sont les artistes hollandais du xviie siècle qui les premiers ont fait de l’élément marin et des navires le sujet central de leurs œuvres. Willem Van de Velde l’Ancien est ainsi l’un des précurseurs dans l’art de représenter des navires de guerre et des scènes de bataille. Il est l’auteur de nombreux dessins, réalisés pour la plupart alors qu’il est lui-même embarqué à bord de vaisseaux de la flotte hollandaise, et de quelques peintures à l’huile. Il met par la suite son talent au service du roi Charles II d’Angleterre en compagnie de son fils Willem Van de Velde le Jeune, qui s’affirme dès lors comme l’un des plus illustres peintres de marine de son époque (la Bataille de Chatham, Rijksmuseum, Amsterdam). À l’origine de ce type d’œuvres — qui rencontrent un vif succès en Hollande et en Grande-Bretagne mais ne trouvent pas d’écho en France à cette époque — se trouve la volonté politique des souverains d’Europe pourvus des flottes les plus glorieuses d’exalter leur puissance maritime, qu’elle soit militaire ou commerciale. Les navires représentés dans ces peintures, de taille monumentale dans la plupart des cas, deviennent les symboles de ce pouvoir. Les œuvres du Hollandais Ludolf Backhuysen (1631-1708) — dont un ensemble de dessins est conservé au musée Condé de Chantilly — montrent des bateaux puissants affrontant avec détermination et bravoure des mers houleuses (le Retour de la flotte de la compagnie des Indes néerlandaises, 1677, musée du Louvre, Paris).
Au-delà de l’intention politique qui guide bien souvent le pinceau des premiers peintres de marines, le genre fait évidemment grand cas de la représentation de l’élément marin en lui-même et de la puissance évocatrice que ses déchaînements recèlent. Face à eux, la figure de l’homme, véritable combattant aux prises avec des forces qui le dépassent, apparaît alors dans toute sa dimension héroïque. L’un des précurseurs de cette tendance est le Flamand Jan Porcellis (1580-1584) qui accorde une grande importance à la description des éléments atmosphériques (Tempête en mer, 1629, Alte Pinakothek, Munich). Au travers de la représentation de navires au milieu d’une mer démontée s’illustre en réalité la recherche du sublime. Cet engouement est conditionné par la redécouverte et la large diffusion au long du xviie siècle du traité du théoricien latin Longin, Traité du sublime. Reprenant Homère, Longin considère que la représentation la plus haute du sublime peut être figurée par la présence de l’homme au milieu d’une mer déchaînée. Ainsi des peintres tels que Joseph Vernet, illustre artiste de marine français du xviiie siècle, gardent à l’esprit cette vision lorsqu’ils s’attachent à représenter des scènes de tempêtes et de naufrages (Naufrage, musée du Louvre). Mais la figure de l’homme est également associée à l’élément marin de manière plus apaisée dans d’autres types d’œuvres. De nombreuses vues de port fleurissent en particulier au xviie siècle sous le pinceau de Salvator Rosa (Marine au coucher de soleil, 1640-1649, palais Pitti, Florence) et surtout de Claude Gellée, dit le Lorrain, qui relie ce thème à l’évocation de scènes historiques (le Débarquement de Cléopâtre à Tarse, 1642-1643, musée du Louvre) ou mythologiques (Vue de Carthage avec Didon et Énée, Kunsthalle, Hambourg). Les très nombreuses vues de ports et de rades sont une autre caractéristique de l’œuvre de Joseph Vernet (le Port de Dieppe, musée de la Marine, Paris), auquel Louis XV commande toute une série de tableaux sur ce thème. À l’image du Lorrain, il dépeint également dans ses œuvres une grande variété d’effets lumineux, s’intéressant notamment à l’évocation des divers moments de la journée (Marine, soleil couchant, musée du Louvre).
La représentation de la mer est un thème également développé à la même période dans l’art japonais, qui en fait l’un de ses sujets de prédilection sans toutefois céder au goût pour la réalisation d’œuvres monumentales chères aux Occidentaux. L’intérêt pour ce type de représentations est certainement lié aux contacts avec les marins hollandais et espagnols, qui accostent sur les rivages du Japon dès le milieu du xvie siècle. À travers le goût de l’art espagnol pour les scènes collectives, et surtout sous l’influence des gravures hollandaises, les artistes japonais s’intéressent à la représentation des aspects les plus divers de l’existence de gens ordinaires, rompant en cela avec l’art officiel, essentiellement aristocratique. De nouveaux genres apparaissent, comme le Namban-Kyôba (paravent des « barbares du Sud ») — menant à la représentation, dans un style simplifié, de navires hollandais voguant au large des côtes japonaises — ou l’Ukiyo-e (image « d’un monde flottant ») dont l’artiste le plus éminent reste Hokusai. Peintre du « trait clair » et des « couleurs pures », influencé par l’art occidental qui le pousse à choisir un point de vision très bas dans ses compositions, il est passé maître dans un art qui tend vers la puissance du trait, ferme et précis, et l’agencement de couleurs non diluées. Ainsi, dans son estampe la Vague au large de Kanagawa, tirée des Trente-Six Vues du mont Fuji (v. 1830), qui représente une vague gigantesque semblant s’abattre sur un groupe de bateaux de pêche, Hokusai concentre tout le dynamisme de sa composition dans la forme de la vague. Ce dynamisme est encore accentué par la présence des bateaux qui semblent épouser la forme de la mer.
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