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Apollon Musagète [Georges Balanchine]

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Apollon Musagète [Georges Balanchine], ballet en deux tableaux créé en 1928 à Paris sur une chorégraphie de Georges Balanchine, une musique d’Igor Stravinski, des décors et costumes d’André Bauchant. Création pour les Ballets russes de Serge de Diaghilev.

Dernière découverte de Diaghilev, le jeune Balanchivadze a déjà fait, l’année précédente, la preuve de son talent en créant la Chatte (1927) sur une musique d’Henri Sauguet. Cette fois, le jeune chorégraphe se mesure à une partition que Stravinski avait créée au États-Unis quelques mois auparavant.

L’extrême ténuité de l’argument invite à suivre l’avis de Stravinski, qui considérait Apollon Musagète comme « une pièce sans intrigue ». Au cours du prologue, les déesses président à la naissance d’Apollon. Resté seul, le dieu de la musique danse jusqu’à l’arrivée des muses Calliope, Polymnie et Terpsichore. L’une après l’autre reçoivent d’Apollon un don avant de lui présenter chacune leur art. Le ballet conclut avec la montée en apothéose d’Apollon et des muses.

Affichant un certain désintérêt pour les décors et les costumes (« il faut laisser la danse être la vedette du spectacle », affirme le chorégraphe), Georges Balanchine concentre l’essence de son style dans l’écriture chorégraphique qui brille par son extrême musicalité, son sens aigu et audacieux de la relecture du vocabulaire académique et enfin sa rigueur. Avec Apollon Musagète, Balanchine (qui a simplifié son nom à la demande de Diaghilev) entre dans l’histoire de la danse et découvre son musicien d’élection en la personne de Stravinski. Leur amitié artistique, qui durera jusqu’à la mort, a donné naissance à d’autres réussites admirables comme le Baiser (1937), Jeux de cartes (1937), Orpheus (1948), Agon (1956) ou Ebony Concerto (1960).

À sa création, le ballet était servi par un danseur exceptionnel, Serge Lifar, qui devait bientôt devenir le rival de Georges Balanchine.

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