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Traité sur les principes de la connaissance [George Berkeley]

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George BerkeleyGeorge Berkeley
Plan de l'article
1

Présentation

Traité sur les principes de la connaissance [George Berkeley], ouvrage de George Berkeley, publié en 1710.

Par cet ouvrage, Berkeley entend démontrer l’inexistence de la « substance matérielle » et s’élève contre toutes les idées abstraites, qui sont autant de croyances fondées par le langage et ses illusions. Le langage lui apparaît comme le fait de simples liaisons entre signes, et les mots correspondent à des idées abstraites. La réalité matérielle objective dépend de perceptions sensibles, et non d’idées abstraites : être, exister, c’est percevoir ou « être perçu » selon la formule « esse est percepi vel percipere », et ce qui n’est pas perçu n’existe pas.

Pour Berkeley, c’est un hors-sens de parler de « représentation de la réalité ». Or, force est de constater que lorsque nous nous faisons une idée du monde matériel, il s’agit bien d’une « représentation ». Si nous ne nous faisions pas d’idées du monde matériel, il n’existerait pas pour nous. Une idée n’est donc qu’une idée, rien de plus : elle n’existe pas hors de l’esprit de celui qui l’a créée.

2

Immatérialité

De la matière, nous nous faisons une idée : or si la matière n’est qu’une idée, elle n’existe pas en tant que telle (immatérialisme). Ainsi, la nature ne serait qu’un ensemble d’idées. Pourtant, elle semble bien exister même lorsque nous ne sommes pas en train de nous en faire une idée. Il y aurait donc quelque chose qui assurerait l’existence de la nature indépendamment de notre esprit : pour Berkeley, ce ne peut être que Dieu. Mais sa fonction d’ecclésiastique le prend au piège de sa propre pensée, car de Dieu nous ne pouvons avoir qu’une idée abstraite. Pour essayer de sauvegarder l’existence de Dieu, Berkeley est contraint de l’identifier à la Nature, dont l’existence au-delà des idées et des mots est assurée par la perception sensible que nous en avons. Les contemporains de Berkeley ne s’y tromperont pas : la théorie de Berkeley présente bel et bien une conception proche de l’athéisme.

3

Contre les excès des mathématiciens

À l’époque de Berkeley, Newton et sa mathématisation de la Nature règnent en maîtres. Pour Berkeley, cela n’a de sens que dans la mesure où les grandeurs mathématiques sont relatives à des choses empiriquement perçues de manière sensorielle : le reste n’est que pur verbiage, pure abstraction (l’idée d’infini en est une).

4

Le constructivisme

La matière existe-t-elle au-delà des idées que nous nous en faisons ? Berkeley est sceptique quant à nos prétentions à connaître. Seule la perception sensible semblerait pouvoir nous permettre l’accès à la réalité. Giambattista Vico qui publie la même année son ouvrage De Antiquissima va encore plus loin, en évoquant la possibilité d’une « fabrication » de la réalité par notre pensée discursive. Berkeley et Vico apparaissent aujourd’hui comme les principaux fondateurs de la pensée constructiviste moderne de la réalité. Pour eux, le matérialisme est un idéalisme conventionnel.

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