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    LA BELLE HELENE ... Opéra bouffe en trois actes Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy

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Belle Hélène, la [Jacques Offenbach]

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Belle Hélène, la [Jacques Offenbach], opérette d’Offenbach, créée à Paris en 1864.

Six ans après l’immense succès remporté par Orphée aux Enfers en 1858, Offenbach revient à la parodie de l’Antiquité avec la Belle Hélène, créée le 17 décembre 1864 au Théâtre des Variétés.

Le livret, dû au fameux tandem Meilhac et Halévy, raconte très librement comment le beau Pâris parvient à enlever Hélène à son époux Ménélas. Le détail des péripéties importe peu car c’est surtout un prétexte à des situations cocasses comme un concours de charades avec calembours et anachronismes, un jeu de l’oie ou bien encore un travestissement de Pâris en berger ou en prêtre de Vénus.

Il est fait appel ici à ce fonds de connaissances mythologiques qui était l’apanage de tout bourgeois sous le second Empire, et dont s’inspiraient librement, sous les dehors pudiques de représentations très marmoréennes, les arts de l’époque : la musique de Berlioz (les Troyens), la peinture d’Ingres ou la poésie de José Maria de Heredia.

Une des principales sources de comique vient de la rupture de ton qui consiste à disserter, en des termes familiers et irrespectueux, de personnes de rang élevé (rois et dieux) ou de tourner en dérision des situations d’ordinaire tragiques : Jupiter est ainsi appelé « Jupin », et Hélène, se défendant bien mal contre son doux penchant pour Pâris, invoque à maintes reprises la « fatalité » qui entoure sa famille (peut-être une allusion à la Forza del destino de Verdi ou à Phèdre de Racine) : il n’est pas question d’oublier que cet amour adultère est à l’origine de la Guerre de Troie. Un autre type d’humour est aussi à l’œuvre : l’anachronisme, comme cette « locomotive » qui est la solution d’une charade.

Les procédés proprement musicaux sont d’une autre nature : les fameux couplets des Rois, dont la mélodie constitue en quelque sorte le leitmotiv de l’œuvre, utilisent jusqu’au vertige un découpage burlesque des mots comme « l’époux de la reine, poux de la reine... » ou « le roi barbu qui s’avance, bu qui s’avance... » en un bégaiement irrésistible. Le finale du Ier acte, qui s’ouvre par l’exclamation « l’homme à la pomme », est une parodie de toutes les ficelles du grand opéra italien, avec vocalises interminables sur fond de chœur stupéfait, tempête de cuivres et frémissement de cordes. Ailleurs, Offenbach et ses librettistes visent à fustiger la société du second Empire, corrompue et avide de plaisirs, du jeune galant (Oreste) aux dirigeants (Agamemnon) en passant par le clergé (le devin Calchas). Le plus étrange est que, dans ce contexte de dérision, l’émotion parvienne parfois à naître, même au sein des situations les plus convenues, en particulier à travers le personnage d’Hélène, dont la créatrice fut la célèbre cantatrice Hortense Schneider.

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