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Résultats avec Windows Live® Search Tétralogie, la [Richard Wagner]Article
Tétralogie, la [Richard Wagner], cycle dramatique de Richard Wagner, connu également sous le nom de l’Anneau du Nibelung (Der Ring des Nibelungen). Inspiré des sources mythologiques scandinaves et germaniques très en vogue au début du xixe siècle et esquissé, dès 1848, par une Mort de Siegfried, le projet de livret prend de l’ampleur peu à peu et devient une tétralogie. La composition, plusieurs fois interrompue, notamment entre 1857 et 1864 — période où naissent Tristan et Isolde ainsi que les Maîtres-chanteurs —, ne s’achève qu’en 1874. La représentation en un seul festival du prologue (l’Or du Rhin) et des trois « journées » (la Walkyrie, Siegfried, le Crépuscule des dieux) a lieu à Bayreuth, dans le tout nouveau Festspielhaus, pendant l’été 1876 (voir Bayreuth, Festival de). Le Ring est un cycle : il s’ouvre lorsque le nain Alberich vole l’or du Rhin pour en forger, au prix du renoncement à l’amour, un anneau, source de toute-puissance ; il se referme quand les filles du Rhin reprennent l’anneau dans les cendres mêlées de Siegfried et Brünhild. Ce vol, mû par un désir de pouvoir et de richesse, rompt l’équilibre de la nature (suggéré par le prélude). Un désir analogue conduit le dieu Wotan à s’emparer par ruse du trésor et de l’anneau d’Alberich, pour rétribuer les géants bâtisseurs du château qui signale son empire sur le monde, le Walhalla. Mais, Alberich maudit l’anneau, qui attirera désormais la mort sur ceux qui l’ont tenu. L’Or du Rhin s’achève sur l’inquiétude de Wotan, après l’annonce par la déesse Erda de la fin prochaine des dieux. Les trois « journées » exposent à la fois l’effet de la malédiction et l’accomplissement de la prophétie. Ni Alberich, ni son frère Mime (dans Siegfried), ni son fils Hagen (le Crépuscule) ne parviennent à reprendre l’anneau, mais les souffrances de la descendance de Wotan sont grandes : dans la Walkyrie, il doit sacrifier les jumeaux incestueux Sieglinde et Siegmund, mais aussi punir la walkyrie Brünhild, qui a désobéi en protégeant Siegmund. Siegfried montre les exploits du héros, fils des jumeaux, qui, après avoir pris l’anneau au géant-dragon Fafner, brisé la lance de Wotan (donc aboli sa puissance), et tiré Brünhild du sommeil où le dieu l’avait plongée, connaît avec elle l’éveil à l’amour. Mais tous deux, dans le Crépuscule, sont victimes des machinations de Hagen ; Brünhild s’immole elle-même sur le bûcher mortuaire de Siegfried, assassiné après l’avoir involontairement trahie, appelant les flammes à embraser le Walhalla. Cette œuvre complexe a suscité bien des interprétations. Wagner lui-même, lisant Schopenhauer en 1854, affirme y trouver une formulation de sa propre pensée. Mais, une telle lecture pessimiste, appuyée sur l’anneau comme symbole de la « Volonté », sur le renoncement d’un Wotan qui, peu à peu, accepte et même souhaite l’anéantissement des dieux, ou bien encore sur l’immolation de Brünhild, coexiste, notamment à travers les couples Siegmund-Sieglinde et Brünhild-Siegfried, avec une vision joyeuse et libre de l’amour et avec des résurgences de l’idée d’une humanité capable de progrès. Qui peut dire d’ailleurs quelle ère ouvre le crépuscule des dieux ? L’unité de cette vaste construction littéraire et musicale est d’abord assurée par la narration — une constante chez Wagner — avec de fréquents retours sur le passé, mais aussi des prophéties et anticipations de toutes sortes. Musicalement, le compositeur s’est engagé dans la voie définie en théorie après Tannhäuser et Lohengrin, en rupture avec les formes du « grand opéra » : une trame musicale continue dont le chant n’est qu’un des matériaux et dans laquelle se fondent les morceaux aux contours plus identifiables (chevauchée des Walkyries, adieux de Wotan à Brünhild, mort et marche funèbre de Siegfried, etc.), un flux que structure un réseau de leitmotive utilisés dans un contrepoint de plus en plus complexe, surtout à partir du IIIe acte de Siegfried. Voir Chanson des Nibelungen.
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