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système (philosophie)

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Georg Wilhelm Friedrich HegelGeorg Wilhelm Friedrich Hegel
Plan de l'article
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Présentation

système (philosophie), ensemble de connaissances, d’idées ou de théories liées et agrégées de façon à constituer un tout organisé, homogène et cohérent.

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Introduction et étymologie

Autant l’objet des sciences que les sciences elles-mêmes se constituent généralement aujourd’hui comme systèmes : on parle de système logique ou mathématique, de systèmes linguistique, politique, biologique, ou encore d’écosystème. Lointain écho, peut-être, de l’architectonique d’Aristote, la systémique contemporaine fait glisser l’idée d’un système des sciences à celle d’une science des systèmes.

Cet usage généralisé peut pourtant laisser impensé un concept dont l’histoire en philosophie coïncide avec l’histoire de la philosophie elle-même.

L’étymologie du mot soulève une première difficulté : en grec, sustêma ou sustasis désignent aussi bien une troupe militaire qu’une constitution politique (chez Platon ou Aristote) ou encore un accord de musique (Platon, Philèbe, 17b) ; c’est également une exigence pour le poète qui doit composer son histoire comme système (Aristote, Poétique). Ces sens désignent le système comme l’état de ce qui est posé ensemble et perçu comme un tout, conformément à la construction du mot. Mais ce tout n’est pas forcément cohérent, comme il apparaît dans l’emploi que la Collection hippocratique fait du terme pour désigner un simple amas de sang.

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Système et scientificité

Bien que le mot n’apparaisse, semble-t-il, en titre d’une œuvre qu’en 1695 chez Leibniz avec son Système nouveau de la nature et de la communication des substances, le système constitue depuis l’Antiquité un critère de rigueur et une condition d’intelligibilité. Si ce n’est qu’à l’époque moderne qu’il s’érige en critère de scientificité, Kant se réfère dans la Critique de la raison pure au concept aristotélicien d’architectonique tel qu’il est exposé dans les premières pages de l’Éthique à Nicomaque. En désignant cette architectonique comme « art des systèmes », Kant oppose le système à l’amoncellement ou à l’entassement, à la « rhapsodie ».

Mais d’Aristote à Kant, une conception de plus en plus précise et restreinte s’est dessinée : le système est devenu chez Hegel, Kant, Fichte ou Schelling le mode d’exposition qui constitue le discours en science. Michel Foucault dans les Mots et les Choses, Michel Serres dans le Système de Leibniz et ses modèles mathématiques, ou encore François Jacob dans la Logique du vivant ont montré l’influence des sciences positives sur la constitution du système dans la philosophie.

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Le monde comme corps

Mais si chez Kant, Hegel ou Schelling, le système n’est pas qu’un mode d’exposition, ni même seulement une classification des sciences distinguées, classées ordonnées et hiérarchisées (il ressortirait alors simplement de l’architectonique), c’est que, plus fondamentalement, il se réfère au modèle organique : le monde est conçu comme corps et si la philosophie comme science, ou si les sciences adoptent cette forme, c’est pour y correspondre. L’érection du modèle organique en modèle de tout ce qui est et sa correspondance dans le mode d’exposition de la philosophie est déjà manifeste chez Leibniz : l’« harmonie préétablie » qu’il nomme système (Théodicée, 59-61 ; Monadologie, 80-81) constitue le mode d’être ensemble des monades. À partir de Leibniz et culminant dans l’idéalisme allemand, il existe donc un lien étroit entre le monde conçu comme système et la forme systématique de l’exposition de la philosophie.

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