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Messager, Annette

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1

Présentation

Messager, Annette (1943- ), artiste française dont les photographies et installations interrogent la condition féminine et la représentation du corps.

2

Un constant hommage à la femme

Née à Berck (Pas-de-Calais), fille d’un architecte amateur de peinture, Annette Messager est élève de l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris de 1962 à 1964. Dès ses premières œuvres, au début des années 1970, elle collecte, découpe des fragments de tissus, de peluches, de photos et recompose un univers rempli de symboles. Annette Messager questionne notamment les rapports du féminin et de l’art. Ainsi, elle réussit à imposer dans le domaine artistique des techniques dites mineures, traditionnellement dévolues aux femmes. Que ce soient ses travaux de broderies — des mouchoirs brodés de blagues et lieux communs de la pensée misogyne — ou ses petits tricotages pour le Repos des pensionnaires (1971-1972) — des moineaux taxidermisés emmaillotés dans des petits tricots —, l’artiste pointe avec ironie la place de la femme et dans la société et dans le monde de l’art.

3

La « colporteuse » d’un univers de violence

Avec la série les Tortures volontaires (1972), des photos noir et blanc de magazines féminins et de publicités mettant en scène des femmes aliénées au travail de leur corps (masques, gymnastique, raffermissement des seins, électro-stimulation, etc.), Annette Messager manie efficacement la dénonciation critique et l’ironie violente. Une violence qui trouve toute sa dimension en 1984 dans les installations cauchemardesques des Pièges à chimères, découpages et agrandissements de lambeaux de corps réorganisés en objets monstrueux (ciseaux géants, chauves-souris, etc.).

4

Une collectionneuse, entre rire et effroi

Très vite Annette Messager se donne le nom de « collectionneuse » et présente des séries qui ont comme titres Ma collection de proverbes, Mes pleurs, Mes travaux d’aiguille, Mes fiches de bricolage, etc. Par ailleurs, son renversement des codes de représentation idéalisée (du corps, de la femme) se vérifie toujours aujourd’hui comme en témoignent ses installations au musée des Arts d’Afrique et d’Océanie (C’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace, 1998) : morbides et drolatiques, ses Dépouilles, déguisements d’enfants accrochés comme des écorchés, et son cimetière Deux clans, deux familles — une série de croix bricolées surmontées de photos d’enfants grimaçants recouvertes de sacs en plastique ou de dépouilles de peluches — en finissent avec la traditionnelle représentation aseptisée du monde de l’enfance dont on mesure ici la violence essentielle.

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