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  • Table des fables de Jean de la Fontaine.

    Tables des fables de Jean de la Fontaine ... Les Fables. Jean de la Fontaine Illustration de Gustave Doré "Il chante la solitude et la simplicité rustiques mais il se complaît ...

  • Fables de La Fontaine - Wikipédia

    Les Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine (ou plus simplement Les Fables) est une œuvre de Jean de La Fontaine écrite entre 1668 et 1694.

  • Fable - Wikipédia

    La morale est soit à extraire de l’implicite du texte, soit exprimée à la fin ou, plus rarement, au début du texte. Les fables les plus caractéristiques comportent un double ...

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Fables [Jean de La Fontaine]

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La Fontaine, le Villageois et le serpentLa Fontaine, le Villageois et le serpent
Plan de l'article
1

Présentation

Fables [Jean de La Fontaine], ensemble de trois recueils de fables de Jean de La Fontaine, comportant douze livres au total, et publiés en 1668 (livres I à VI), 1678 (livres VII à XI) et 1694 (livre XII). Les Fables — qui ne sont pas la seule création de La Fontaine — sont incontestablement son chef-d’œuvre.

2

La fable comme lieu d’une stratégie littéraire

Le choix du genre de la fable répond à une démarche littéraire complexe, qui peut paraître paradoxale. Remontant à une tradition ancienne, dont l’initiative revient probablement à Ésope au VIe siècle av. J.-C., la fable, ou apologue, est un genre d’origine populaire, consistant en un récit court, souvent agrémenté d’un dialogue, et servant à illustrer une morale. Au cours des siècles, le répertoire de la fable s’est constamment enrichi, constituant un fonds de sagesse populaire et de morale pratique. Les latins (Phèdre, Ier siècle), puis les auteurs français et italiens du Moyen Âge et de la Renaissance ont perpétué cette tradition, surtout présente au XVIIe siècle dans l’usage scolaire : on s’en sert alors dans les collèges comme exercice de traduction et comme leçon de morale. Le genre de la fable est au XVIIe siècle un genre bas, sans dignité littéraire. Or c’est ce genre que choisit La Fontaine, qui y voit la possibilité de pratiquer une poésie naturelle, spontanée, pleine d’élégante simplicité, propre à plaire au public des salons. Dès la publication du premier livre des Fables, une véritable mode est lancée : « Il n’y a pas d’instruction qui soit plus naturelle et qui touche plus vivement que celle-ci », écrit l’académicien Furetière en 1671.

3

Le détournement de la fable ésopique : le récit éclipse la morale

La Fontaine a transformé ce genre simple, quasi rustique, de l’apologue ésopique. La grande nouveauté de ses Fables réside dans l’importance accordée au récit. La morale est pour ainsi dire la colonne vertébrale de l’apologue ésopique, le récit n’ayant qu’une fonction secondaire, d’illustration. Chez La Fontaine, au contraire, celui-ci se développe considérablement par rapport à la morale, qui, loin de rester la seule finalité de la fable, en devient plutôt le prétexte. Ainsi, les canevas des fables d’Ésope se transforment-ils en véritables petites scènes de genre, pittoresques et circonstanciées, le plus souvent teintées d’humour. Jouant sur l’alternance irrégulière de différents mètres (octosyllabes et alexandrins, par exemple), utilisant des effets complexes de rythmes, d’assonances et de rimes, La Fontaine se sert de toutes les ressources de la forme versifiée pour dynamiser le récit, lui donner l’allure naturelle d’un conte, à mi-chemin entre prose et poésie (voir Versification). Le rapport, constitutif du genre, entre récit et morale, est en outre subverti, ou du moins assoupli par La Fontaine.

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La fable : une esthétique de la conversation

S’abstenant souvent de formuler la morale (c’est le cas, notamment, de la première fable du recueil, « la Cigale et la Fourmi »), proposant parfois deux fables propres à illustrer la même morale (comme pour « le Héron » et « la Fille », Fables, VII, 4), ou, à l’inverse, deux morales expliquant la même fable, La Fontaine invite ainsi le lecteur à lire la fable comme un jeu, et à prendre ses distances avec toute tentation de moralisme. À charge pour celui-ci de suppléer l’absence de dogmatisme du fabuliste en dégageant, selon sa propre subjectivité, l’enseignement contenu dans la fable. Car les Fables de La Fontaine, c’est là peut-être leur caractéristique la plus spécifique, déploient, à l’échelle de la fable, comme à l’échelle du recueil, une esthétique de la conversation. Abondant en dialogues, leur récit est composé d’une polyphonie de voix narratives, qui leur donnent leur dimension théâtrale : la morale elle-même se trouve parfois dans la bouche d’un personnage, comme le Renard (« Apprenez, Monsieur du Corbeau, que tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute », « le Corbeau et le Renard », Fables, I, 2). Mais surtout, le fabuliste se met lui-même en scène sur le théâtre de ses fables, prenant le lecteur à parti, nourrissant certains des récits d’expressions personnelles (« Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ; je m’écarte, je vais détrôner le Sophi, on m’élit roi, mon peuple m’aime. Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant : quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ; je suis gros Jean comme devant », « la Laitière et le pot au lait », Fables, VII, 9). Ainsi, le conteur-fabuliste joue-t-il un rôle de médiateur par rapport à la société policée de ses lecteurs, désignée par les épîtres-liminaires de chacun des douze livres du recueil. À cette société, il adresse, en images et en discours, la figure d’un monde imaginaire, reflet voilé et plein de grâce du monde dur, féroce et cruel de la société des hommes. Telle est la fonction du conteur-fabuliste qui cherche à ménager une distance esthétique entre la vérité des « choses de la vie » et les sentiments délicats de ses auditeurs civilisés.

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