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Résultats avec Windows Live® Search Anna Karénine [Léon Tolstoï]Article
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Anna Karénine [Léon Tolstoï], roman de Léon Tolstoï, publié en 1875-1877.
Installé dans son domaine de Iasnaïa Poliana où il tente de vivre selon les mœurs patriarcales traditionnelles, Tolstoï est confronté à l’actualité : l’abolition du servage (1861) a progressivement changé, dans les campagnes, les rapports entre les propriétaires et leurs anciens serfs, l’industrialisation s’accélère et transforme en profondeur l’économie de la Russie, ne serait-ce que par le chemin de fer qui introduit la modernité jusque dans les lointaines provinces. Par ailleurs, l’émergence en Occident d’une revendication féministe remettant en cause, dans le couple, l’autorité de l’homme, passionne Tolstoï qui y voit une des causes de la désagrégation des structures familiales à la fin des années 1860, ce qui ne cesse de le préoccuper sur le plan personnel et littéraire. L’événement principal raconté dans le roman, le suicide d’Anna, lui est fourni par un tragique fait divers survenu dans les environs de Iasnaïa Poliana où une jeune femme, abandonnée par son amant, s’est jetée sous un train. Nourri par l’actualité de son époque, le roman reflète, outre les préoccupations de Tolstoï, les nombreuses questions sociales, économiques, voire politiques, qui agitent la société russe des années 1870.
Anna, mariée à Karénine, un haut fonctionnaire au cœur sec, rencontre lors d’un séjour à Moscou le brillant et superficiel Vronski, officier de la garde, qui entreprend de la séduire. Découvrant avec Vronski la passion, Anna lutte, impuissante, contre ses sentiments et finit par céder à Vronski, défiant ainsi la bonne société qui la juge et l’exclut de ses rangs. Échappant de peu à la mort en donnant naissance à une petite fille adultérine, Anna décide, le cœur déchiré, de quitter son mari et son fils pour suivre Vronski. Formant un couple scandaleux aux yeux de la société qui le leur fait payer, ils ont l’un et l’autre tout sacrifié pour leur passion. Chez Anna, torturée par le remords que lui cause l’abandon de son fils, cette passion prend un tour exclusif qui finit par oppresser Vronski et par le détacher d’elle. Prise au piège d’un sentiment dont la démesure même est profondément destructrice, Anna ne découvre qu’une seule issue : la mort, qu’elle se donne en se jetant sous l’express Moscou-Saint-Pétersbourg. Mais l’histoire de la passion adultère qui unit Anna Karénine à Vronski est servie par le contrepoint que lui offrent d’autres images du couple : les Oblonski, Stiva trompant allègrement sa femme Dolly usée par des maternités successives, et les Lévine, Constantin et Kitty. Le couple simple et heureux que forment ces derniers, véritable pendant de celui de Vronski et d’Anna, constitue l’autre ligne narrative du roman (ce que la critique contemporaine a parfois vu comme un défaut de construction narrative). Leur bonheur s’édifie à la campagne, dans le respect des valeurs traditionnelles et du rythme des saisons. Véritable fresque de la société russe de l’époque, Anna Karénine oppose l’amour destructeur de Vronski et d’Anna à l’amour constructeur de Lévine et de Kitty dans une symétrie permanente qui donne son sens au roman, au-delà de la simple histoire d’une femme adultère.
Le thème du couple et de la famille sert de paradigme central au roman de Tolstoï qui en exploite les différentes réalisations que propose la société de son temps. De l’infidélité démasquée qui ouvre le roman (Stiva Oblonski) au bonheur accordé à la simplicité de la vie rurale, en passant par la passion adultère, le romancier porte à l’analyse psychologique de ses personnages une attention très grande, donnant ainsi une figure romanesque à des archétypes. Remarquons cependant que si le couple Vronski / Anna Karénine fournit au roman son intrigue dramatique, le couple qui lui fait pendant, Lévine / Kitty, a une fonction différente : derrière la dualité structurelle, nous devons percevoir l’expression d’une morale toute tolstoïenne qui n’a pas encore pris le tour radical que lui conférera plus tard la crise religieuse traversée par l’auteur : le bonheur sur terre se construit au sein d’une famille respectueuse des valeurs traditionnelles. La postérité — notamment la critique littéraire — a occulté cette dimension de la pensée de Tolstoï, qui va contre l’évolution de la société, et a voulu voir en Anna une femme victime des préjugés d’une société hypocrite. Prisonnière d’un mariage de convenance, Anna Karénine trouve pour les lecteurs, et contrairement au projet initial de Tolstoï, une sorte de justification morale dans cette absence d’amour qui la pousse à chercher des sentiments vrais et la passion dans les bras de Vronski.
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