![]() Le choix d'Encarta
Consultez les ouvrages concernant Antimémoires, les [André Malraux] et sélectionnés par l'équipe éditoriale d'Encarta Recherche Encarta
Rechercher dans Encarta des informations sur Antimémoires, les [André Malraux] |
Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search Antimémoires, les [André Malraux]Article
Plan de l'article
Présentation ; « Pourquoi les strates de l’expérience ne se superposeraient-elles pas ? » ; Des Antimémoires au Miroir des limbes ; « La Condition humaine, les Antimémoires, la Métamorphose des dieux sont des chapitres d’une même vie. »
Antimémoires, les [André Malraux], œuvre d’André Malraux, publiée une première fois en 1967 puis reprise et réagencée au gré de la mémoire, avec d’autres ouvrages de l’auteur, dans le Miroir des limbes (1976).
En 1965, en route vers l’Orient à bord du bateau Le Cambodge, Malraux fait escale au Caire. Il se produit alors « un accident absolu, […], assez rare et assez saisissant » : la rencontre avec le Malraux de ses vingt ans partant pour le Cambodge. L’idée germe ainsi d’un genre littéraire radicalement neuf, distinct à la fois de l’autobiographie et des Mémoires, restituant les séries associatives de sa mémoire, mélangeant fiction et souvenirs de grands hommes : c’est « le livre du destin », quand l’individu, ce « misérable petit tas de secrets », se « désindividualise » en rencontrant l’Histoire. Alors, l’ordre chronologique s’efface : ne restent, d’une vie, que les lambeaux d’éternité.
Le Miroir des limbes (1976) est la mise en place définitive de ces « romans-récits ». Les Antimémoires de 1967 en constituent le premier volet : rencontres avec Nehru, l’Inde, Gandhi, avec Mao Zedong, la Longue Marche et les masses paysannes chinoises. Malraux fait se télescoper moments d’histoire et scènes de fiction, reprenant sous la forme de citations des segments de son roman les Noyers de l’Altenburg (1943), faisant revivre le bouffon de la Condition humaine (1933), le baron Clappique, s’emparant de la mémoire de son père, de son grand-père, ressuscitant 1913 et les gaz de 1916. Le gaulliste se souvient du procommuniste, du « colonel Berger » de la Résistance. Le second volet, la Corde et les Souris, ordonne en chapitres des œuvres parues antérieurement : Hôtes de passage (1975) fait revivre Dakar, Senghor, la dernière reine nègre en 1966, puis le conservateur du Musée, le linge taché du sang d’Alexandre et la médium, mais aussi Max Torrès, la guerre d’Espagne, Mai 68. Les Chênes qu’on abat (1971) revient sur la journée du jeudi 11 décembre 1969, celle du premier entretien avec de Gaulle. Vient ensuite la Tête d’obsidienne (1974), souvenirs de Picasso, des arts archaïques, quand la statue est totem ou fétiche. Enfin, Lazare (1974), recueil de souvenirs de 1972, évoque son hospitalisation à la Pitié-Salpêtrière, au cours de laquelle balançant entre la vie et la mort, en proie au délire, lui revint, sous la forme de réminiscences confuses, des fragments de sa vie et de son œuvre.
Malraux dit avoir rencontré souvent de Gaulle, jamais « Charles ». De même, ce miroir nous renvoie l’image de Malraux, l’homme public, et non d’« André ». On n’y retrouve que « la grande individualité historique » dans son « panthéon d’aventuriers, d’artistes, de révolutionnaires, de saints, de sages, de chefs de guerre ou de chefs d’État ». Malraux nous introduit dans la dimension surréelle où l’être humain n’est jamais ordinaire, mais toujours au paroxysme de lui-même, face à la mort. Plus que le surhomme (Übermensch) de Nietzsche, revivent ces grandes individualités historiques, incarnant l’esprit d’un peuple, l’esprit du temps, un certain « moment » de l’esprit universel : Malraux s’est bien donné comme destin de vivre les Leçons sur la philosophie de l’histoire de Hegel.
© 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. |
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |