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Caves du Vatican, les [André Gide]Article
Plan de l'article
Présentation ; Une intrigue protéiforme ; Une genèse longue pour un genre original ; Un jeu avec les codes romanesques ; Du rire à la réflexion métaphysique
La sotie se fait la satire de la société française des années 1890, en particulier sous son aspect religieux. Le titre suggère effectivement l’idée d’un enfermement associée à la thématique religieuse. Le sujet se veut proche de la farce, il s’agit de faire rire, et d’un rire libérateur. Mais l’ouvrage permet aussi à Gide d’inscrire son athéisme et son anticléricalisme dans la tradition métaphysique de la mort de Dieu, propre au xixe siècle, et de faire état d’une crise des valeurs et de l’expérience d’une impasse. Il se situe au-delà de la morale dans son interrogation sur le crime, fortement influencée par Dostoïevski : il n’y a aucune raison pour supposer criminel celui qui n’a pas de motivation. Gide est fasciné par l’inexplicable en psychologie, ces actes brusques que rien ne semble annoncer ni motiver. Il pose les problèmes de l’essence des êtres à travers une série de personnages sans consistance qui n’existent que dans leur relation à autrui, à l’exception de Lafcadio — double du Nathanaël des Nourritures terrestres —, incarnant la liberté et la sincérité. Il réalise l’acte gratuit du Prométhée, qui, s’il s’avère ne mener nulle part (contrairement à ses espérances), ne le fait pas pour autant sombrer dans le désespoir.
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