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Résultats avec Windows Live® Search Chartreuse de Parme, la [Stendhal]Article
Plan de l'article
Présentation ; Les aventures de la liberté ; « Un coup de pistolet au milieu d’un concert » ; « L’âme qui enveloppe le corps »
Chartreuse de Parme, la [Stendhal], roman de Stendhal, publié en 1839. Improvisé à partir d’un scénario de chronique italienne sur les Origines des grandeurs de la famille Farnèse, et dicté en cinquante-trois jours, cette œuvre inspirée répond, à l’autre bout de la production fictionnelle, au roman le Rouge et le Noir, en accomplissant dans une nonchalance malicieuse et bouleversante le long rêve italien de l’auteur.
En rupture de ban familial, un jeune noble italien, Fabrice del Dongo, cherche comment utiliser son enthousiasme. Il assiste à la bataille de Waterloo sans comprendre qu’on y enterre les espoirs européens, puis revient dans l’Italie remise à l’heure autrichienne, où il bénéficie des tendresses excessives de sa tante, la Sanseverina, et des faveurs de son amant, ministre de Parme, le comte Mosca. Il mène une vie chaotique et vide, jusqu’à ce qu’un meurtre permette aux adversaires de ses protecteurs de fomenter son arrestation. Mais il tombe fou amoureux de Clélia Conti, la fille de son geôlier. Le bonheur enfin trouvé le rend inconscient des menaces qui pèsent sur lui. Grâce à sa tante et à un rebelle fou et génial — Ferrante Palla — qui se vengent en assassinant le prince, il s’évade presque contre son gré. Pendant que la cour est secouée par les intrigues des partis, Fabrice — le « monsignore » depuis qu’il est entré dans les ordres — multiplie les prêches pour revoir Clélia après son mariage. Liés par un vœu, les amants ne se rencontrent plus que dans l’obscurité. Ils ont un enfant, qui meurt. Personne ne survit, ni Clélia, ni Fabrice retiré dans la Chartreuse, ni la Sanseverina, exilée irréductible et sublime.
Politique par devoir, ce roman, désabusé et ironique, dit le creux des temps désertés par l’esprit. Parme, principauté d’opérette, réunit les minuscules manœuvres d’une cour qui serait grotesque si elle n’était pas aussi doublement inquiétante : parce que les puissants (Ernest-Ranuce père et fils), hantés par leur propre petitesse, ont la violence des faibles et savent asservir l’odieux (le fiscal Rassi) à leurs humeurs ; et parce que le sublime républicain, contaminé par la mélancolie (Palla), s’épuise en vaines folies (la Sanseverina). Par paradoxe, on dirait que c’est la réaction d’un Mosca, subtile et calculatrice, qui seule génère la paix pour un hypothétique avenir.
Dans cette chronique à la Saint-Simon, les couleurs de l’amour introduisent une grâce radieuse et grave. La destinée de Fabrice, héros naïf et charmant, toujours à distance et comme dans l’incertitude de soi, est une longue marche hasardeuse vers cette vérité du sentiment, cette liberté du cœur que, ironiquement, la prison finit par lui offrir, sous les espèces de la beauté « chimérique », proche et lointaine, de Clélia. La tendresse semble l’alternative des « happy few », qui se reconnaissent mutuellement à une générosité, un rire de marginaux définitifs, et qui habitent ensemble une Italie vibrante et enchantée. Mais il s’agit d’une alternative toujours à la merci des caprices de la vie, comme l’illustre la mort du petit Sandrino, point de fuite où s’évanouissent toutes les destinées de ces êtres spirituellement aristocratiques. La précarité est une ombre si constamment présente au sein même du bonheur qu’il en devient virtuel autant qu’essentiel. C’est cette défaillance imminente qui donne, comme Julien Gracq le souligne, à la Chartreuse de Parme son incomparable plénitude automnale. La Chartreuse de Parme a été adapté au cinéma par Christian-Jaque en 1948, avec, dans les rôles de Fabrice et de la Sanseverina, Gérard Philipe et Maria Casarès.
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