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Châtiments, les [Victor Hugo]

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Victor HugoVictor Hugo
Plan de l'article
1

Présentation

Châtiments, les [Victor Hugo], œuvre poétique de Victor Hugo, publiée en 1853, le premier des grands recueils de l’exil, où Hugo règle ses comptes avec l’Empire de « Napoléon le Petit ».

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Dénoncer le scandale

Après Napoléon le Petit, le pamphlet d’août 1852, les Châtiments, qui rassemble des poésies écrites en 1852-1853, est publié en novembre 1853 à Bruxelles, en deux versions simultanées, l’une expurgée, l’autre complète. La forfaiture de décembre 1851 — le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte — est marquée par deux scandales (l’horreur de la répression, la légitimation du plébiscite) qui réclament dénonciation et réponse.

Un double projet porte donc les Châtiments, tactique et stratégique, ou relatif et absolu, destiné à dessiner l’introuvable alliance d’une bourgeoisie oublieuse de sa conscience et d’un peuple orphelin de son identité, mais visant au-delà à dégager des ténèbres du présent les linéaments d’une République virtuelle.

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« Encrier contre canon »

Sept livres, comme autant de variations sinistres sur le discours officiel de l’usurpateur, jalonnent une marche, celle de l’expiation, qui va de « Nox », chute initiale dans le désastre, à « Lux », épilogue de la rédemption. La satire à la Juvénal réquisitionne tous les moyens (sarcasme, invective, diatribe) pour fustiger la fête obscène conduite dans le camp vainqueur par le « drôle en chef », incessamment mesuré à l’aune de l’autre Napoléon, entouré des pantins de sa cour. La voix du poète prend des accents dantesques pour glorifier les martyrs, et surtout retrouve l’imprécation prophétique pour interroger l’épopée de l’humanité, au travers et au-delà de l’événement. Face au présent de l’action politique impossible, Hugo dresse l’action poétique, convoque le passé comme légende pour mieux approcher l’avenir comme progrès, sans bouger de sa ligne de « clémence implacable ».

Échec en 1853, les Châtiments triomphe à sa réédition en 1870, par l’éditeur Hetzel, au retour d’exil de Hugo.

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