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Cid, le [Pierre Corneille]

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Corneille, le CidCorneille, le Cid
Plan de l'article
1

Présentation

Cid, le [Pierre Corneille], tragi-comédie en cinq actes et en vers de Pierre Corneille, créée au Théâtre du Marais, à Paris, début janvier 1637, publiée en mars 1637.

2

Un tournant dans la carrière de Corneille

Le Cid est la neuvième pièce de Pierre Corneille qui, bien qu’alors âgé seulement de trente et un ans, n’est plus un débutant dans la carrière théâtrale. Auteur prolifique, il a, durant les quelque huit années qui s’écoulent entre sa première œuvre, Mélite (1629) et le Cid (1637), composé plus d’une pièce en moyenne par an. Mais cette dernière production constitue un tournant. C’est, pour lui, la fin de la période marquée du sceau de l’irrégularité et consacrée essentiellement à l’écriture comique, durant laquelle il a écrit six comédies, deux tragi-comédies et une tragédie. Bientôt, avec Horace (1640), viendra le temps des grandes tragédies régulières.

3

Le jeu de l’amour et de l’honneur

Le Cid apparaît comme une tragi-comédie romanesque, dont l’action reprend le schéma traditionnel des amours contrariées. Rodrigue, jeune noble espagnol, aime Chimène d’un amour partagé. Il est lui-même aimé de l’infante et a pour rival Don Sanche. Mais une violente altercation éclate entre le père de Chimène, Don Gormas, et le père de Rodrigue, Don Diègue : Don Gormas, dépité de ne pas avoir été choisi par le roi comme précepteur du prince de Castille, donne un soufflet à Don Diègue qui a eu la préférence. De retour chez lui, Don Diègue demande à son fils de le venger, le plaçant ainsi en face du fameux dilemme cornélien, l’amenant à choisir entre son bonheur personnel et l’honneur de sa famille. Après quelques hésitations, qu’il exprime dans les célèbres stances (acte I, scène 6), il choisit l’honneur, provoque Don Gormas en duel et, malgré son inexpérience, le tue. Après avoir remporté une victoire éclatante sur les Maures, il revient à la cour du roi et vainc en un nouveau duel Don Sanche que Chimène a chargé de venger son père. Et la pièce s’achève sur la promesse d’un mariage entre Rodrigue et Chimène, après le délai de rigueur qu’impose la décence.

4

La querelle du Cid

Le Cid est une œuvre-carrefour pour Pierre Corneille. Elle met en scène ce héros soucieux de sa gloire et de son image, qui s’imposera, par la suite, dans son théâtre. Elle unit déjà intimement intrigue amoureuse et sujet politique. Le pouvoir royal est ici, en effet, en jeu : confronté à la puissance des féodaux, il finira par l’emporter. Développant une action complexe qui se déroule sur vingt-quatre heures — elle inclut donc une nuit —, se situant dans plusieurs lieux, cette œuvre est marquée par l’irrégularité à laquelle Pierre Corneille renoncera, par la suite, au profit de la régularité.

L’importance de cette tragi-comédie n’échappe pas aux contemporains. Mais le succès de Corneille fait de l’ombre à ses concurrents (notamment Jean Mairet et Georges de Scudéry), qui soulèvent une violente polémique, la Querelle du Cid. L’Académie française, fondée depuis peu, y participe, reprochant à Corneille de ne pas respecter les principes du théâtre régulier. Richelieu, mécontent de voir contester le pouvoir royal et encourager le duel qu’il essayait de faire interdire, se met lui-même de la partie. C’est lui finalement qui permet la réconciliation entre les adversaires. Corneille se remet difficilement de ces affrontements et garde le silence pendant près de trois ans, avant de basculer dans le camp des réguliers avec Horace (1640).

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