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Contes de la bécasse [Guy de Maupassant], recueil de contes de Guy de Maupassant, publié en 1883.
Guy de Maupassant est rongé par la maladie lorsqu’il signe en 1883 avec Rouveyre un contrat d’édition pour un recueil de contes intitulé Contes de la bécasse. Ce recueil réunit des textes parus préalablement dans le Gil Blas et le Gaulois d’avril 1882 à avril 1883 où Maupassant, déjà célèbre, avait fait la preuve de ses facultés d’adaptation à un public donné.
Le baron des Ravots, ancien chasseur paralysé, réunit à l’automne ses amis chasseurs. À la fin du repas, il fait tourner dans une assiette une tête de bécasse dont le bec désigne celui qui va déguster toutes les têtes et qui doit, pour dédommager les autres, raconter une histoire. Ces histoires constituent les contes du recueil. Ces contes, normands pour la plupart, traitent des faiblesses humaines : vulgarité de « ce cochon de Morin » qui tente, sans succès, de violer une jeune fille qui se donne au narrateur venu réparer la faute de Morin, cruauté de l’officier allemand de la Folle, bêtise du jeune marié qui court chasser les braconniers le soir de ses noces dans Farce normande, nostalgie surannée du maître de ballet de Menuet, avarice cruelle du pharmacien de la Rempailleuse qui accepte ses économies en méprisant son amour, ou du marin qui sacrifie le bras de son frère pour ne pas perdre son chalut dans En mer, cruauté du « Fils » qui reproche à ses parents de ne pas l’avoir vendu, lâcheté et orgueil des héros des deux contes consacrés à la guerre de 1870, Saint-Antoine et l’Aventure de Walter Schnaffs.
Maupassant a souligné la gaieté, l’ironie amusante, qui différencient ce recueil d’Une vie. Les critiques contemporains ont reproché au texte son obscénité et ont pris prétexte de l’apparente légèreté de ton pour en faire une œuvre mineure. Maupassant y déploie toutefois l’art du conteur, de celui qui raconte un texte oral et non une nouvelle. Il n’intervient jamais de manière explicite, le style est limpide et le ton semble léger, mais la brutalité de la chute des contes laisse percer l’ironie d’un auteur qui dénonce ainsi les ridicules. Les blancs du discours et l’attention portée au thème de la folie annoncent le recueil du Horla considéré comme le chef-d’œuvre de l’écrivain.
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