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Résultats avec Windows Live® Search Guerre et la Paix, la [Léon Tolstoï]Article
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Guerre et la Paix, la [Léon Tolstoï], roman de Léon Tolstoï, dont la rédaction s’est étalée sur cinq ans, de 1863 à 1869. Les vingt-huit premiers chapitres ont fait l’objet d’une publication en 1865 sous le titre de l’Année 1805 ; le titre définitif a été arrêté en 1865 avec la publication des trois premiers tomes, suivie progressivement des trois autres.
Tolstoï n’est pas un nouveau venu dans les lettres russes : son récit autobiographique en trois parties (Enfance, Adolescence et Jeunesse) est paru entre 1852 et 1857, les Récits de Sébastopol (nés de la participation de l’auteur à la guerre de Crimée) datent de 1855-1856. Dans ces deux œuvres déjà, il aborde la question de l’individu face à l’histoire, notamment face à la guerre. En 1856, le tsar Alexandre II accorde aux décembristes l’autorisation de rentrer en Russie. Le fait marque les esprits et Tolstoï projette d’écrire un grand roman historique dont le héros serait un décembriste de retour d’exil. Mais le projet prend vite plus d’ampleur, car parler de l’époque actuelle impose de revenir sur les événements de 1825, et, au-delà, sur les campagnes contre Napoléon auxquelles tous ces jeunes officiers ont pris part, découvrant lors de leur séjour en France avec les troupes d’occupation un autre mode de gouvernement. Après quelques tâtonnements et une quinzaine d’ébauches, Tolstoï arrête en 1863 son projet définitif : relater la grande « guerre patriotique » de 1812 qui a fait de la Russie le théâtre de l’effondrement de l’épopée napoléonienne, effondrement amorcé dès 1805 par la bataille d’Austerlitz (voir campagne de Russie). Le roman prend l’aspect d’une large fresque historique nourrie de documents d’archives et des travaux d’historiens que Tolstoï a abondamment consultés, mais aussi interprétés d’une façon parfois très personnelle.
La succession, dans le roman, des scènes de guerre et de paix s’articule sur les destinées de deux familles nobles, les Bolkonski et les Rostov, dont les chemins vont se croiser au gré des circonstances. On peut leur ajouter un autre personnage important, Pierre Bézoukhov (le futur décembriste), qui gravite également dans cet univers et porte sur les bouleversements de son époque son regard de témoin, projeté parfois au cœur des événements. André Bolkonski, brillant aide de camp de Koutouzov, est blessé à la bataille d’Austerlitz. De retour à la vie civile, devenu veuf, il tombe amoureux de la jeune et exubérante Natacha Rostov. Mais le mariage étant différé de quelques mois, cette dernière se laisse entraîner dans le piège d’un séducteur notoire (Anatole Kouraguine) avec lequel elle songe un instant à s’enfuir. Le prince André voit s’effondrer ses rêves et sombre dans le désespoir. Blessé mortellement à la bataille de Borodino, aux portes de Moscou, il pardonne à Natacha et découvre enfin la sérénité dans l’amour de Dieu. Quant à Natacha, elle ne se pardonne sa trahison envers le prince Bolkonski qu’à la mort sur le champ de bataille de son jeune frère Pierre, qui l’oblige à réconforter sa mère. Pierre Bézoukhov, séduit par le charme et la force de la jeune fille, la demande en mariage. Le frère de Natacha, Nicolas Rostov, pragmatique, doué d’une grande force morale, épouse, pour sa part, Marie, la sœur du prince André Bolkonski. Les deux couples constitués (Natacha / Bézoukhov et Marie / Nicolas Rostov) proposent deux images du bonheur familial, qui sert d’« happy end » aux vicissitudes historiques relatées dans le roman.
Outre les deux familles qui servent de ligne narrative principale, la Guerre et la Paix se présente comme une véritable fresque mettant en scène la noblesse russe du début du xixe siècle dans des épisodes de sa vie familiale, mondaine ou militaire. Le roman, de facture résolument moderne pour l’époque, procède d’un découpage scénique permettant à Tolstoï de conduire plusieurs actions parallèlement tout en distinguant progressivement, au sein du vaste panorama de la noblesse russe, les personnages principaux. Cette forme romanesque neuve créée par Tolstoï réécrit le roman historique, et, au-delà, l’histoire elle-même. Loin de la recherche de l’exotisme, Tolstoï fait surgir la fiction du passé proche, il la maintient en lisière des événements de la vie mondaine et privée, avant de lui octroyer le devant de la scène dans la seconde moitié du roman. Personnages historiques et monde de la fiction s’entremêlent alors, faisant l’objet, de la part de l’auteur, d’un traitement identique. L’histoire envahit la vie quotidienne, effaçant les frontières entre guerre et paix, et se soumet à l’épreuve de la vérité romanesque au risque, parfois, d’un certain gauchissement, que Tolstoï revendique comme la seule liberté de l’artiste.
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