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Histoires extraordinaires [Edgar Allan Poe]

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Poe (Edgar), le CorbeauPoe (Edgar), le Corbeau
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1

Présentation

Histoires extraordinaires [Edgar Allan Poe], recueil de contes et de nouvelles d’Edgar Allan Poe parus dans la presse à partir de 1832. Ce titre est celui sous lequel Charles Baudelaire a rassemblé — selon un ordre établi par lui — et publié, en 1856, ses traductions des œuvres de Poe. Un autre recueil, Nouvelles Histoires extraordinaires, a suivi un an plus tard.

2

Le fantastique américain

La plupart de ces récits, d’inspiration fantastique, décrivent un univers effrayant, voire angoissant. Entièrement nés de l’imaginaire d’un écrivain qui n’a jamais quitté les États-Unis, ils ne s’appuient sur aucune expérience vécue mais sur des faits divers, des situations ou des scènes recueillis ou perçus par l’auteur.

La décomposition et la mort sont omniprésentes. Cette dernière est souvent lente à venir comme dans « le Puits et le Pendule ». Les défunts, mal enterrés ou emmurés, reviennent, comme c’est le cas avec « le Chat noir » ou « la Barrique d’amontillado ». Inspirées du gothique anglais et du romantisme allemand, les nouvelles de Poe en diffèrent toutefois par leur dimension parodique ou ironique, comme dans « Metzengerstein » ou « Manuscrit trouvé dans une bouteille ». Mais on verra aussi en lui un explorateur des mondes lointains, précurseur de Jules Verne, notamment avec « le Canard au ballon » ou « Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaal ».

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La puissance de la logique

De l’univers créé par l’écrivain, on retient la figure de Dupin, héros de « Double Assassinat dans la rue Morgue », récit policier le plus célèbre de Poe. L’horreur du crime relaté est toutefois tempérée par l’humour dont font preuve le narrateur et Dupin, première incarnation du détective qui inspirera sans doute Sherlock Holmes ou Hercule Poirot, par son intuition et par l’extrême logique de son raisonnement apparemment tortueux. Cette intelligence créatrice du héros, que l’on retrouve également dans « la Lettre volée » ou chez le personnage principal du « Scarabée d’or », est aussi celle d’un narrateur qui construit son récit avec une rigueur mathématique. Poe a le goût de la perfection. Travaillant sans cesse ses textes, il les resserre jusqu’à atteindre la plus grande densité, la brièveté des songes et des contes.

Ce formalisme fait de Poe un précurseur du roman moderne, et un modèle pour Mallarmé, Huysmans, Paul Valéry ou Borges. Mais le cinéma a également trouvé matière dans cette œuvre originale, de Jean Epstein (la Chute de la maison Usher, 1928) à Fellini (Histoires extraordinaires, collectif, 1968), Alexandre Astruc (le Puits et le Pendule, 1963), Louis Malle ou Roger Corman.

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