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Horace [Pierre Corneille]

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Pierre CorneillePierre Corneille
Plan de l'article
1

Présentation

Horace [Pierre Corneille], tragédie en cinq actes et en vers de Pierre Corneille, créée au Théâtre du Marais, à Paris, en mai 1640, publiée en décembre 1640.

2

La première tragédie régulière de Corneille

Après un silence de près de quatre ans, Pierre Corneille revient au théâtre avec Horace. Cette interruption dans sa carrière s’explique par le désarroi dans lequel l’a plongé la querelle du Cid. C’est un nouveau départ qu’il prend, en rompant avec l’irrégularité et en produisant une pièce tout à fait conforme aux vœux des théoriciens de la régularité. Cette deuxième tragédie, après Médée, développe un sujet qui, se déroulant durant l’Antiquité romaine et mêlant amour et politique, respecte ainsi les normes en vigueur. De plus, la règle du lieu unique clos, « une salle de la maison d’Horace », est adoptée tandis que le déroulement temporel se situe entre un lever et un coucher de soleil. Enfin, les éléments de l’intrigue sont parfaitement liés et forment un tout homogène qui répond à l’unité d’action.

D’une grande simplicité, l’action dramatique débute dans la paix et le bonheur. Les Horaces et les Curiaces, deux familles de deux cités voisines, Rome et Albe, sont unis par des liens étroits : l’un des trois fils de la famille des Horaces a épousé Sabine, une Curiace, tandis qu’un des trois fils de la famille des Curiaces est fiancé à Camille, une Horace. Pour enrichir ce schéma, s’ajoute un rival, Valère, amoureux de Camille. Mais cette harmonie est bientôt rompue : les deux cités entrent en guerre et il est décidé que le différend sera réglé par un combat entre les trois Horaces et les trois Curiaces. Après la mort de deux de ses frères, Horace l’emporte, étant ainsi le seul des six champions à survivre. Accablé de reproches par sa sœur Camille, qui se livre à de violentes imprécations contre Rome, il la tue. Jugé pour meurtre, il est finalement acquitté, après un vibrant plaidoyer de son père et malgré le réquisitoire de Valère.

3

La mise en place du héros cornélien

Avec Horace se mettent en place les grands traits de la morale et du héros cornéliens. La tragédie pose déjà, avec une particulière vigueur, les rapports entre l’amour et l’honneur. Mais, comme dans le Cid, la situation n’est pas encore figée. Si en effet Horace subordonne, sans états d’âme, le sentiment amoureux aux impératifs de la gloire personnelle, il le fait avec une telle rigueur qu’il apparaît sous le jour défavorable du fanatique, de l’intolérant. Et, de façon symétrique, Curiace défend une tout autre conception qui laisse place à la dimension humaine, et se révèle ainsi comme un être sensible, accessible à la pitié, inscrivant son action dans la relativité. Si Horace assume son destin, c’est au prix d’un comportement cruel, alors que Curiace certes subit la fatalité, mais en se donnant la liberté du regret. Dans le prolongement du Cid, la pièce développe, par ailleurs la conception d’un pouvoir central encore faible, qui doit composer avec les survivances du système féodal. Le roi est obligé de pardonner à Horace, parce qu’il craint sa famille et a besoin de son appui. Témoignant ainsi de la situation politique de la première partie du XVIIe siècle, il doit sacrifier la justice à la raison d’État. Le héros cornélien, pour affirmer son individualité, a un besoin absolu de cet espace de liberté que doit bien lui concéder la puissance royale.

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