Le choix d'Encarta
Consultez les ouvrages concernant Illuminations, les [Arthur Rimbaud] et sélectionnés par l'équipe éditoriale d'Encarta Recherche Encarta
Rechercher dans Encarta des informations sur Illuminations, les [Arthur Rimbaud] |
Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search Illuminations, les [Arthur Rimbaud]Article
Plan de l'article
Illuminations, les [Arthur Rimbaud], recueil de poèmes en prose d’Arthur Rimbaud, paru pour la première fois en 1886 dans la revue symboliste la Vogue, dirigée par Gustave Kahn. Ces poèmes en prose ont été inspirés à Rimbaud par la lecture de Baudelaire, mais aussi par la vogue de cette forme littéraire parmi les poètes qu’il a rencontrés en arrivant à Paris.
Il existe parmi les critiques un débat sur la genèse de cette œuvre, qui est important pour comprendre les recueils Une saison en enfer et les Illuminations l’un par rapport à l’autre. Selon l’analyse la plus répandue, Une saison en enfer parlerait des Illuminations et constituerait un adieu à la poésie des Illuminations. Vraisemblablement, la conception des deux œuvres fut en réalité conjointe. Quoi qu’il en soit, Rimbaud a maintes fois remanié le projet qui sous-tend les Illuminations, et ce recueil reste en définitive inabouti : ce sont en effet des feuillets manuscrits épars remontant aux années 1870 qui sont finalement publiés, sans que le recueil ait été véritablement pensé comme tel. L’hétérogénéité de l’ensemble et le caractère obscur de certaines pièces reflètent vraisemblablement cet inachèvement.
Le recueil contient quarante-quatre « illuminations ». En dépit des regroupements prévus par Rimbaud en séries (« Enfance », « Vies », « Veillées », « Jeunesse »), l’ensemble reste très disparate, et repose sur une esthétique du fragment. De nombreuses pièces sont en effet autonomes, comme « Conte », « Parade », « Matinée d’ivresse », « Aube », « Dévotion », « Génie », et certaines autres commencent une série qui s’interrompt, comme celle des « Villes ». Les Illuminations semblent donc placées sous le double signe d’une volonté d’ordonnancement et d’une tendance au disparate ; il y aurait ainsi, comme le souligne A. Guyaux, « deux forces, l’une liante, l’autre déliante, dont le recueil […] est le champ de bataille ».
Les Illuminations, dont le titre renverrait selon Verlaine — qui l’écrit à Charles de Sivry — à un mot anglais désignant des « gravures coloriées », sont le reflet d’une introspection poussée, et de l’exploration de l’univers intérieur et de la mémoire du poète. Elles regroupent expériences vécues, sensations éprouvées, mais aussi aventures rêvées. C’est surtout la sensation visuelle qui y est cultivée, les formes particulières de langage employées apportant leur concours pour rendre compte de ces sensations : le rythme chaotique (« Assez connu. Les arrêts de la vie. Ô Rumeurs et visions ! », dans « Départ »), la syntaxe bouleversée, les trouvailles lexicales (« Les desperadoes languissent après l’orage », dans « Dimanche »), les rapprochements étranges (Villes, Veillées, Mystique) et la coloration affective que prend l’ensemble (« Ô mon Bien ! O mon Beau ! Fanfare atroce où je ne trébuche point ! », dans « Matinée d’ivresse ») en sont autant d’indices. La vision de la réalité qui se fait jour ici est une vision biaisée et déformée, conformément à les célèbres lettres du « Voyant » : l’acte poétique est bien perçu comme exercice de voyance proche du délire extatique. C’est sans doute l’une des raisons d’être du titre du recueil.
|
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |