Recherche Encarta
Rechercher dans Encarta des informations sur Lys dans la vallée, le [Honoré de Balzac]

Résultats avec Windows Live® Search

Afficher tous les résultats dans le contenu
Résultats avec Windows Live® Search

Lys dans la vallée, le [Honoré de Balzac]

Article
Médias
Honoré de BalzacHonoré de Balzac
Plan de l'article
1

Présentation

Lys dans la vallée, le [Honoré de Balzac], roman d'Honoré de Balzac, publié en 1836, après une polémique violente avec la Revue des Deux Mondes, qui en avait commencé la publication en feuilleton, pour abus éditorial en matière de propriété littéraire. L'œuvre appartient, dans la Comédie humaine, aux « Scènes de la vie de province ».

2

« Quel drame railleur ! »

Après une enfance malheureuse, Félix de Vandenesse connaît l’éblouissement dans un bal à Tours, donné en l’honneur du retour des Bourbons, devant une femme dont il se met à embrasser frénétiquement les épaules, s’attirant son apparente fureur. Il retrouve son inconnue en Mme de Mortsauf, mère de deux enfants maladifs, épouse d’un émigré ravagé par l’exil. L’Ange de Clochegourde voue sa vie à ce malade amer et despotique, mais le parallèle de leurs « deux enfances » la rapproche de l’âme du jeune homme, témoin de son martyre et des démences du vieillard prématuré (I). Un « saint amour » les lie, qui abolit leur « nature irritée » de désir dans une communication toute spirituelle, dont de somptueuses compositions florales sont entre eux l’expression symbolique. Henriette se révèle une réformatrice agricole, une organisatrice communautaire hors pair, qui réussirait, à défaut de profiter de la Restauration, à mettre Clochegourde au diapason de la sublime Touraine, sans les crises blasphématoires qui secouent périodiquement son mari. Quand le roi appelle Félix, « maman » lui fournit le viatique de recommandations politiques et morales. Du monde où il a réussi son entrée, Félix revient souvent partager ces « premières amours » désincarnées (II). Mais sa rencontre avec lady Dudley substitue le sexe, l’ironie, le « poivre », à la pureté et l’élévation. Un voyage à Tours met les deux femmes (III) en présence : c’est la séparation fatale pour Henriette, qui meurt en sainte, laissant une lettre à Félix où elle révèle de quelle irrépressible violence fut pour lui son amour. Ce récit d’une vie « dominée par un fantôme », Vandenesse l’écrit a posteriori à la malicieuse Nathalie de Manerville, qui, au terme de cette confession, renonce ironiquement à une impossible succession dans le cœur de ce « chevalier à la triste figure ».

3

« Sur les voûtes d'une cave »

Cette œuvre, assurément dominée par la figure du « Lys » de charité et de sacrifice qu’est Henriette, portée par la peinture lyrique des paysages de Loire, soulevée par les accents mystiques, proprement « illuministes », de l’harmonie vibrante des âmes, n’est pourtant pas le roman édifiant que la compétition avec le Volupté (1834) trop simple de Sainte-Beuve a d’ailleurs suscité chez Balzac, mais bien une plongée d’une cruauté singulière dans les interdits de la passion. Agité de réminiscences autobiographiques douloureuses, hanté par la Nouvelle Héloïse dont il retrouve la formule, l’utopie mais aussi l’obscurité, Balzac sertit l’hymne à la vertu dans un récit d’une savante et déchirante ambiguïté. Histoire d’une femme que blesse l’horreur d’une union avec un atroce spectre politique, puis que tue une vertu dont elle s’épouvante trop tard de ne plus soutenir la cause ni même la vraisemblance, rapportée par un narrateur aux hésitations, aveuglements, retournements suspects à force d’être convenus et finalement criminels, ce roman fait le vide, entre les vertiges du cœur et les crudités du sexe, remettant l’impossible dernier mot de la vie à la raillerie, comme l’improbable avenir de la chère Touraine saccagée aux « drolatismes » équivoques d’un nécessaire mais inactuel Rabelais.

Rechercher dans tout le texte de l'article
Afficher cet article au format imprimable
Envoyer




© 2008 Microsoft