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Oliver Twist [Charles Dickens]

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Charles DickensCharles Dickens
Plan de l'article
1

Présentation

Oliver Twist [Charles Dickens], roman de Charles Dickens, publié en feuilleton dans le Bentley's Miscellany de 1837 à 1839.

Alors que Pickwick continue d’enthousiasmer les foules, Oliver Twist ouvre une nouvelle page dans la carrière du romancier. Jusqu’en mars 1839, c’est un autre Dickens que les lecteurs découvrent, bien différent du facétieux romancier qui, il y a peu encore, signait ses esquisses sous le pseudonyme de Boz. C’est d’ailleurs sous ce nom d’emprunt que The Adventures of Oliver Twist paraît en volume à l’automne 1838, comme pour affirmer la désormais nécessaire conjonction entre veine comique et veine mélodramatique. Ce roman criminel achève de situer Dickens face à son œuvre à venir.

2

Innocence et criminalité

Enfant abandonné, Oliver Twist subit les sévices et la maltraitance de l’infâme Bumble, gérant de l’hospice dans lequel l’orphelin a été recueilli. Il réussit néanmoins à fuir cet établissement mais, arrivé à Londres, il se voit malencontreusement livré à une bande de voleurs qui résident dans les bas-fonds de la capitale. Commence pour lui une vie souterraine et nocturne sous la férule du vieux Fagin et de ses complices : Dogder, Bates, Claypole et surtout Nancy, innocente égarée par amour pour son compagnon, le violent Sikes. Après une tentative d’évasion avortée — au cours de laquelle il sera hébergé par le sage Mr Brownlow —, il tombe à nouveau dans les mains de la bande. Il est alors initié au métier par l’inquiétant et mystérieux Monks. Sa première expérience de la criminalité tourne mal : blessé au cours d’un cambriolage, il est cette fois-ci recueilli par Misses Maylie et sa protégée, Rose. Mais la compatissante Nancy laisse entendre à Rose que Monks connaît l’identité véritable d’Oliver. Dès lors, le dénouement se précipite. Nancy est tuée par Sikes pour avoir livré ce secret. Parallèlement, la bande est démantelée. On apprend finalement qu’Oliver est le fils illégitime d’un certain Edouard Leeford et d’Agnès Fleming, qui n’est autre que la sœur de Rose. Monks, qui connaissait l’épouse de Leeford, avait décidé, après la mort de celle-ci, de tout mettre en œuvre pour perdre l’enfant. Sans ressources, Agnès ayant fui sous le poids de la faute, Oliver et sa jeune tante sont définitivement adoptés par le vieux Mr Brownlow.

3

Mélodrame et question sociale

La portée du roman est avant tout sociale. Critique des institutions prétendument philanthropiques, le roman se veut, plus généralement, une dénonciation de la conception victorienne de la charité. Oliver, première figure dickensienne de l’enfance désœuvrée et exploitée, devient en effet la victime innocente d’une société incapable de réfréner institutionnellement le paupérisme et la criminalité qu’elle engendre. Cette plongée dans un univers interlope, jusque-là très peu représenté dans le roman anglais, permet également à Dickens de prendre possession de ce qui deviendra son territoire privilégié : Londres. À ce titre, la grandeur du roman tient autant à la description hallucinée de la ville-monstre, nocturne et brumeuse, qu’à l’implacable machinerie mélodramatique qui s’y déploie. Labyrinthe fantasmatique où s’estompent les frontières entre réel et imaginaire, la cité londonienne contient — et, désormais, Dickens le sait — tous les possibles de la fiction romanesque.

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