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Résultats avec Windows Live® Search Père Goriot, le [Honoré de Balzac]Article
Plan de l'article
Présentation ; « À nous deux, maintenant » ; « Je suis tout simplement en train de devenir un génie » ; Paternité et initiation
Père Goriot, le [Honoré de Balzac], roman d’Honoré de Balzac, paru d’abord dans la Revue de Paris, puis en volume en 1835. L'œuvre appartient, dans la Comédie humaine, aux « Scènes de la vie privée ».
En 1819, dans la pension Vauquer, au Quartier latin à Paris, un jeune étudiant de province, noble et pauvre, Eugène de Rastignac, côtoie d’autres locataires, parmi lesquels le vieux père Goriot, abandonné, la jeune Victorine Taillefer, déshéritée, et l’énigmatique colosse roux, M. Vautrin. Par sa cousine, Mme de Beauséant, qui l’introduit dans le grand monde de la Restauration au Faubourg Saint-Germain, il découvre l’histoire de Goriot, ancien vermicellier qui a sacrifié vie et fortune pour ses deux filles, Anastasie, comtesse de Restaud, et Delphine, baronne de Nucingen, occupées l’une et l’autre à leur folle vie. Doublement initié par Vautrin et par sa cousine aux voies de la réussite, Rastignac résiste aux tentations du premier, qui lui suggère de s’intéresser à Victorine, et c’est avec Mme de Nucingen qu’il se lie, partageant théâtres, bals, salles de jeux — et plus tard un appartement que Goriot aura aménagé pour leurs rendez-vous. Cependant, deux autres pensionnaires effacés de la maison Vauquer, Mlle Miconneau et M. Poiret, circonvenus par le chef de la sûreté, permettent de percer à jour le mystère de M. Vautrin, sous l’identité duquel se cache le forçat Jacques Collin, dit « Trompe-la-Mort ». Avant son arrestation, Vautrin a réussi à faire assassiner le frère de Victorine, libérant de ce fait un énorme héritage en sa faveur. L’exigence des filles Goriot grandit avec leurs dettes. Sauvées par Rastignac, elles excèdent leur père, qui tombe malade. Bianchon, ami de Rastignac, autre habitué de la pension, diagnostique une mort imminente. Malgré les soins que lui prodiguent les deux étudiants, le vieillard meurt délaissé de ses filles, après les avoir maudites puis bénies. Rastignac, qui aura assisté aux adieux de Mme de Beauséant abandonnée par son amant, à l’arrivée trop tardive de Delphine de Nucingen près du cadavre de son père, accompagne seul les funérailles de Goriot au Père-Lachaise. Il sait désormais tout du monde : il peut défier la capitale.
Avec ce roman, Balzac porte à incandescence l’ensemble de ses moyens : le génie de l’orchestration, le tranchant du verbe, la nervosité de la construction s’imposent en autant de scènes à l’effet prodigieux — l’agonie de Goriot au milieu des imprécations, la leçon de Vautrin telle un immense ricanement méphistophélique, le piège tendu au forçat pour son arrestation. Une méthode géniale, longtemps pressentie, prend ici forme au croisement de trois convictions qui imposent ensemble le réalisme comme doctrine visionnaire : le droit de la littérature à la violence, légitimé par la violence même du monde ; sa fonction de déchiffrement des signes, « sémiologie » rendue nécessaire par l’illisibilité derrière laquelle se cache la réalité ; sa puissance démultiplicatrice enfin. Le principe du retour des personnages, découvert précisément avec Goriot, permet en effet à la fiction une « interconnexion généralisée » (J. Gracq), qui en fait une création équivalente du monde réel, capable par la mosaïque indéfinie des destinées de donner l’idée la plus exacte de ce labyrinthe que sont les sociétés modernes.
Un père meurt. Un fils naît. Christ et Lear à la fois, Goriot dit, par sa passion éperdue et sacrificielle, puis dans sa vertigineuse descente aux abîmes, la loi d’un monde où « monnaie fait tout ». Simple et terrible secret que celui de la dangerosité du sentiment : Rastignac guidé dans un triple apprentissage (des codes mondains, des conflits d’intérêts, des ravages passionnels) en trouve la théorie, effrayante et imbattable, chez Vautrin. Mentor équivoque, monstre moral, fauve lucide, l’implacable forçat fait du cynisme et de l’énergie individuelle la seule réponse habilitée à une société sans foi ni loi. Le roman laisse le protagoniste seul sur le seuil d’un Paris infernal, muni de ce viatique tout de cruauté froide, éprouvante.
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