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Peste, la [Albert Camus]

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Albert CamusAlbert Camus
Plan de l'article
1

Présentation

Peste, la [Albert Camus], roman d’Albert Camus, publié en 1947.

2

Chronique ou tragédie ?

Le roman relate l’extension d’une épidémie de peste à Oran, autour d’une série de personnages. Dans l’enchaînement des séquences, le rythme est irrégulier, mimétique du chaos de la maladie. Mais la composition d’ensemble en cinq parties peut s’envisager comme une tragédie classique. Après un prologue, la première partie est consacrée à la montée des tensions et se clôt sur la proclamation de l’état de peste. La deuxième voit progresser la peste et les angoisses. La troisième est un vaste tableau de la chaleur et de la maladie. La quatrième est une nouvelle montée de la maladie et de la terreur. Au cours de la dernière, la peste décroît et rend les personnages à leur liberté. Un épilogue révèle l’identité du narrateur, le docteur Rieux. L’extinction de la maladie n’a pourtant rien de définitif et la fin est un apaisement relatif. Le tragique vient de forces extérieures qui ne sont plus les dieux, mais l’histoire.

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Révolte et engagement

La Peste est considérée comme l’aboutissement de la pensée de Camus qui, par la fiction, propose une critique du pouvoir en place, de la presse et de la religion. À partir de 1941, beaucoup de versions successives voient le jour. Camus ne se décide que tardivement pour un narrateur unique, son principal problème étant d’exprimer l’attitude collective face au mal. D’autre part, grâce à la révélation finale du narrateur, l’ensemble du récit est à la troisième personne, suggérant le problème d’une perte d’identité, d’une dépersonnalisation. Mais cela souligne aussi la valeur accordée au témoignage : le choix de faire une chronique est le fruit de l’expérience du personnage, caractérisé avant tout par son exigence de vérité morale. Il s’agit de montrer la réaction d’un homme pour qui l’anonymat est un signe de respect envers les disparus et la communauté humaine.

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« Un roman n’est jamais qu’une philosophie en images »

Les allusions à l’histoire contemporaine se font en fait sur le mode de la fable. La peste, épidémie qui désorganise la vie de la cité, peut symboliser la guerre. Sa représentation conduit parfois du réalisme aux limites du fantastique, accentuant ainsi la dimension métaphorique. On trouve aussi quelques évocations plus précises de la Seconde Guerre mondiale, des camps de concentration, l’indicible par excellence, qui justifie donc une écriture allusive. La Peste pose un problème fondamental de communication : que peut-on dire ? à la fois en termes de possibilité et de légitimité. Le roman s’interroge sur les pouvoirs du langage, sur sa capacité de représentation, dans une variété de tons tout à fait remarquable, les dialogues très théâtraux alternant avec des passages de réflexions au discours indirect.

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