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Romances sans paroles [Paul Verlaine]

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Paul VerlainePaul Verlaine
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1

Présentation

Romances sans paroles [Paul Verlaine], recueil de poèmes de Paul Verlaine, publié pour la première fois en 1874 alors que Verlaine est en prison. Ce tirage, largement fautif, reste très limité et ne sera pas mis en vente. La réédition de 1887 connaît en revanche un grand succès.

Le recueil, relativement bref, est composé de trois sections — « Ariettes oubliées », « Paysages belges », « Aquarelles » — qui encadrent un poème isolé, « Birds in the night ». Il a été écrit pendant les mois de vie commune avec Rimbaud, en Belgique et à Londres, et sous l’influence de ce dernier.

2

Une langue de l’âme pour l’âme

Poussé par Rimbaud, Verlaine est dans les Romances à la recherche d’un langage poétique qui serait la « traduction immédiate du senti ». Ce langage nie paradoxalement la parole dès le titre du recueil, qui est aussi une allusion aux Romances sans paroles pour piano de Mendelssohn. Ce titre dit clairement l’importance de la musique dans le recueil : la déstructuration de la syntaxe, les pauses et soupirs musicaux, les rythmes impairs de ces poèmes en sont l’illustration. Cette musicalité sert son dessein, qui est de laisser transparaître les sensations pures de l’âme, comme dans les « Ariettes oubliées ». C’est sans doute ici l’influence des recherches des impressionnistes qui se fait sentir. Le long poème « Birds in the night », composé en septembre 1872, dans la veine anglaise, repose également sur un jeu rythmique de décasyllabes un peu boiteux, de sorte que le poème semble se faire par endroits prosaïque.

3

La tentation impressionniste

La picturalité de nombre de ces pièces sert également le but verlainien. Les « Paysages belges » et les « Aquarelles » le montrent bien : représentant apparemment l’univers quotidien, ces poèmes ne sont en réalité en aucune façon descriptifs et procèdent plutôt par petites touches, qui rendent les impressions recueillies par le poète. Verlaine semble ici tenter de se rapprocher de la « poésie objective » prônée par Rimbaud, si bien qu’il ne faudrait pas réduire ces pièces à la transfiguration de faits réels biographiques ; toutefois, la tentation du « moi » est trop grande chez Verlaine, et de part en part fusent les aveux lyriques (« il pleure dans mon cœur / comme il pleut sur la ville… »). Le spleen, voire le désespoir, qui se lisent dans « Birds in the night », l’illustrent également.

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