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Une vie [Guy de Maupassant], premier roman de Guy de Maupassant, publié en 1883.
En 1880, Maupassant se fait connaître grâce à la nouvelle intitulée Boule-de-Suif, parue dans le volume collectif des Soirées de Médan. Il a donc déjà rencontré Zola, par l’intermédiaire de Flaubert. Dans ce premier roman, le jeune Maupassant s’inscrit dans la mouvance du réalisme qu’il renouvelle.
Jeanne, au sortir du couvent, retourne dans la propriété normande de ses parents, le baron et la baronne Le Perthuis. Elle s’y éprend bientôt de Julien de Lamare, beau gentilhomme désargenté. Mais Julien, dès après le mariage, se révèle avare et malhonnête. Il trompe Jeanne avec leur bonne, Rosalie, qui tombe enceinte. Julien trouve finalement la mort lors de sa dernière aventure, tué par un mari jaloux. La seule consolation de Jeanne est son fils Paul, qu’elle élève avec son père et sa tante Lison et qu’elle gâte. Paul, après ses années de collège, s’enfuit avec une femme de petite vertu et rançonne sa mère qu’il ruine. La mort de son père conduit Jeanne à la folie. Rosalie, devenue entre temps une fermière prospère, revient alors auprès de son ancienne maîtresse et prend en main ses affaires. La maîtresse de Paul étant morte en couches, il confie sa fille aux deux femmes.
Flaubert, dans Madame Bovary, et Zola, dans l’Assommoir, avaient déjà consacré un roman à la biographie d’une femme. Jeanne, lorsqu’elle imagine un avenir romanesque, a certes quelque chose d’Emma Bovary. Mais elle ne cherche pas à vivre ses rêves et se contente de subir les malheurs et les déceptions. La rigueur de l’analyse psychologique et l’objectivité du narrateur contribuent à faire de Jeanne un antihéros, une jeune fille quelconque. Maupassant montre le triste destin d’une âme pure et se fait l’écho, comme beaucoup d’autres romanciers contemporains, du réquisitoire contre le mariage arrangé des bourgeois. Mais la banalité volontaire des derniers mots du roman, qui ne sauraient constituer une morale, en atténue le caractère satirique. Qui, de Jeanne ou du lecteur, pourrait contester le fait que « la vie, ça n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit » ? Une vie, comme la plupart des œuvres de Maupassant, a séduit les cinéastes : Alexandre Astruc en a donné une adaptation en 1958.
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