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Résultats avec Windows Live® Search Amants diaboliques, les [Luchino Visconti]Article
Amants diaboliques, les [Luchino Visconti] (Ossessione), film italien en noir et blanc de Luchino Visconti, réalisé en 1943. Dans la région de Ferrare, Gino (Massimo Girotti), un vagabond, est engagé pour aider le patron (Juan De Landa) d’une petite trattoria qui sert aussi de station-service. Il devient l’amant de sa femme Giovanna (Carla Calamai) et décide de s’enfuir avec elle. Mais la jeune femme renonce en chemin et Gino l’abandonne. Dans le train, il rencontre un camelot (Elio Marcuzzo) et s’associe avec lui. Un jour de fête à la ville, il retrouve Giovanna et son mari venus pour le concours de chanteur amateur d’opéra. Toujours amoureux de la jeune femme, Gino accepte de revenir travailler à la trattoria. Très vite, le couple se reforme et décide d’assassiner le mari gênant en simulant un accident de voiture. Leur crime accompli, Giovanna est transie de peur lors d’un interrogatoire de la police et Gino est rongé par le souvenir de ses actes. Tous deux se disputent, mais, lorsque la jeune femme s’aperçoit qu’elle est enceinte, le couple se reforme et part pour une nouvelle vie. Un accident de voiture brise leur bonheur. Giovanna est tuée. Gino est arrêté par la police et est accusé d’avoir assassiné Giovanna. Ce premier film de Luchino Visconti est aussi le film-manifeste du néoréalisme. Il est adapté du roman de James Cain, Le facteur sonne toujours deux fois (The Postman Always Rings Twice, 1934), déjà porté à l’écran par le Français Pierre Chenal (le Dernier Tournant, 1939) et qui sera également repris plus tard par Tay Garnett (Le facteur sonne toujours deux fois, 1946), puis par Bob Rafelson (1980). Pour cette seconde version, Visconti ne mentionne pas le livre au générique, transpose l’action dans l’Italie fasciste du début des années quarante, supprime les retours en arrière du roman et travaille sur la linéarité du temps qui façonne les êtres, une constante dans son œuvre. Les grands thèmes à venir du cinéma de Visconti sont d’ailleurs tous déjà présents dans le film, magistralement interprété par Carla Calamai et Massimo Girotti : le pouvoir destructeur de la passion amoureuse, le caractère maléfique de la femme, l’homosexualité, l’exaltation de la liberté de pensée, l’athéisme, l’amour de l’opéra. Le cinéaste met ici en place son style cinématographique où le discours s’affirme plus par le cadrage, l’éclairage, le montage des regards et des gestes des protagonistes que par le dialogue. Dans le contexte du cinéma italien de l’époque, le film est un événement majeur. La mode est encore en effet aux œuvres historiques léchées ou aux comédies bourgeoises, et la censure de Mussolini est là pour veiller à ce que rien ne vienne ternir l’image du pays. Visconti contourne ces obligations et réalise son film en décors réels sans aucune compromission, montrant sans fard la dure réalité de la vie quotidienne, une démarche qui sera poursuivie par les tenants du néoréalisme : Vittorio De Sica et Roberto Rossellini.
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