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Nibelungen, les [Fritz Lang]

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Fritz LangFritz Lang

Nibelungen, les [Fritz Lang] (Nibelungen, ein Deutches Heldenlied), film muet allemand en noir et blanc de Fritz Lang, réalisé en 1924.

Au Moyen Âge, le jeune Siegfried (Paul Richter) découvre au bord du Rhin l’or caché des Nibelungen, leur vole le filet qui rend invisible ou fait prendre une autre apparence, tue un dragon et devient invulnérable en se baignant dans son sang. Mais une feuille d’arbre se pose sur son dos et empêche la protection d’agir à cet endroit. Désireux d’épouser Kriemhild (Margarethe Schön), la sœur de Günther (Theodor Loos), le roi des Burgondes, il accepte d’aider ce dernier à combattre et à séduire la reine Brunhild (Hanna Ralph) en prenant son apparence. Ayant accompli cette mission, il épouse Kriemhild. Bientôt, Brunhild apprend la vérité sur la supercherie dont elle a été victime et décide de se venger en obligeant Günther à faire tuer Siegfried par Hagen (Hans Adalbert von Schlettow). Ayant convaincu Kriemhild, par la ruse, de lui révéler l’endroit vulnérable chez son mari, Hagen en profite pour le transpercer mortellement de sa lance au cours d’une chasse en forêt. Furieuse d’avoir été trompée et trahie par les siens, Kriemhild quitte la cour de son frère, épouse Attila (Rudolf Klein-Rogge), le roi des Huns, et prépare sa vengeance. Elle invite les Burgondes au camp de son nouvel époux, organise leur massacre, tue Hagen et meurt à son tour.

Inspiré de légendes germaniques et d’une saga nordique, le film se divise en deux parties de plusieurs chants : la Mort de Siegfried (Siegfrieds Tod) et la Vengeance de Kriemhild (Kriemhilds Rache). Le réalisateur Fritz Lang l’a dédié au peuple allemand. C’est une production coûteuse et spectaculaire qui va influencer considérablement le cinéma de son époque. Plus tard, Eisenstein a déclaré s’en être souvenu pour son Alexandre Nevski (Aleksandr Nevskij, 1938).

La mise en scène de Fritz Lang privilégie ici un travail sur la lumière, l’espace et les formes. L’esthétique des plans, l’ingéniosité des truquages et la beauté de la photographie ne sont pourtant pas les seules qualités de ce diptyque : c’est aussi une réflexion amère sur la puissance, le mensonge et la vengeance, trois des thèmes favoris du réalisateur. L’aspect géométrique et rituel de la première partie contraste avec les courbes et les lignes brisées de la seconde, comme si Lang montrait ainsi la différence essentielle entre deux formes de barbarie : celle des lois et coutumes burgondes et celle, déchaînée, des Huns. Mais chacune a sa propre cruauté et paradoxalement Attila peut être perçu comme plus humain que Günther et sa cour.

Œuvre aussi monumentale que désespérée, les Nibelungen est empreint d’un romantisme noir remarquablement cinématographié.

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