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Garrel, Philippe (1948- ), réalisateur de cinéma français.
Né à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) dans une famille de marionnettistes et de comédiens (il est le fils de Maurice Garrel), Philippe Garrel quitte le lycée à treize ans, réalise un premier essai cinématographique à quatorze ans (Une plume pour Carole, 1962), suit des cours de peinture au musée des Arts Décoratifs et tourne un court métrage (les Enfants désaccordés, 1964), puis un autre (Droit de visite, 1965), remarqué par François Truffaut. Il entre à l’ORTF pour réaliser une émission sur une jeune fille de la bourgeoisie (Anémone, 1966), qui déplaît aux producteurs et n’est pas diffusée ; après avoir subtilisé une copie du film, il la projette dans un cinéma du Quartier latin et entame un procès contre la télévision d’État. Passionné par les livres d’André Breton, les films de Jean-Luc Godard et la beat generation, Philippe Garrel réalise son premier long métrage (Marie pour mémoire, 1967), qui lui vaut la reconnaissance critique des Cahiers du cinéma et l’amitié de Henri Langlois. Après les événements de Mai 68 et sa participation au film militant Actua 1 (1968), il part en Bavière pour réaliser en quinze jours un film muet expérimental et poétique (le Révélateur, 1968), avec Bernadette Lafont et Laurent Terzieff. Aidé ensuite par la mécène Sylvina Boissonas, il signe la Concentration (1968), joué par Zouzou et Jean-Pierre Léaud, puis le Lit de la Vierge (1969), avec Pierre Clémenti, et la Cicatrice intérieure (1970), un poème visuel aux images inoubliables. En 1969, il rencontre Nico (égérie du groupe de rock The Velvet Underground), dont il partage la vie pendant près de dix ans et qu’il fait jouer dans plusieurs de ses films. Considéré comme le Arthur Rimbaud du cinéma, Philippe Garrel tente diverses expériences : Athanor (1972), les Hautes Solitudes (1974), Un ange passe (1975), le Berceau de cristal (1975), Voyage au pays des morts (1976) et le Bleu des origines (1978), autant d’essais inclassables qui le mettent en marge du système et ne voient le jour que grâce aux aides apportées par des amis comme Henri Langlois de la Cinémathèque française et le producteur portugais Paolo Branco. Perçus comme des productions underground, uniquement montrés dans des festivals ou des salles de cinéma indépendantes, ces films marquent néanmoins profondément tout le cinéma de cette époque.
Sans trahir ses conceptions artistiques et tout en restant fidèle à son style, Philippe Garrel prend une autre direction avec l’Enfant secret (1979-1982), film autobiographique passant sans cesse du réel à la fiction et qui obtient le prix Jean-Vigo en 1982. L’INA produit alors Liberté la nuit (1983). Il participe ensuite au film collectif Paris vu par, 20 ans après — avec un court métrage intitulé Rue Fontaine (1984) — et tourne Elle a passé tant d’heures sous les sunlights (1984), une somme de ses recherches qu’il dédie à son ami le cinéaste Jean Eustache. Après quelques années de silence, c’est la télévision qui ramène Philippe Garrel à la création en lui commandant un essai sur les jeunes cinéastes (les Ministères de l’art, 1988), puis les Films de l’Atalante produisent les Baisers de secours (1988) et J’entends plus la guitare (1990), vibrant hommage à Nico, consacré par le lion d’argent au festival de Venise de 1991. Enfin reconnu comme l’un des plus importants cinéastes français depuis la Nouvelle Vague, Philippe Garrel tourne la Naissance de l’amour (1993) et le Cœur fantôme (1996). Sauvage innocence (2001) est également récompensé par un prix à la Mostra de Venise, tandis que les Amants réguliers (2005), filmé en noir et blanc et accueilli très favorablement par la critique, évoque avec poésie une histoire d’amour comme suspendue dans le temps, qui se déroule après les événements de mai 1968.
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