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Plan de l'article
Présentation ; Chef d’état-major général ; Successeur de Sékou Touré ; Vainqueur des premières élections pluralistes ; La dérive du régime
Conté, Lansana (1934- ), homme politique et général guinéen, président de la Guinée depuis 1984.
Né à Dubréka dans le sud du pays, Lansana Conté suit des études militaires en Côte d’Ivoire, puis au Sénégal. Après avoir servi trois ans dans l’armée française, il rentre en Guinée en 1958, juste après l’indépendance. Il s’engage dans l’armée guinéenne dont il devient rapidement colonel puis chef d’état-major général en 1975, contribuant à maintenir en place le régime tyrannique de Sékou Touré.
En avril 1984, à la suite de la mort du président Touré et de l’effondrement du régime, Lansana Conté organise un coup d’État sans effusion de sang et devient président de la République. À la tête du Comité militaire de redressement national (CMRN), il procède à la libération de prisonniers politiques, assouplit la censure, encourage les exilés à rentrer et, sur le plan économique, s’attache à démanteler le système socialiste. Mais, victime d’une tentative avortée de coup d’État en juillet 1985, Lansana Conté ordonne une répression sanglante : plus de 200 personnes sont arrêtées, beaucoup meurent en prison ou sont exécutées, d’autres sont condamnées à de lourdes peines avant d’être amnistiées (janvier 1988). Les réformes économiques de Conté, notamment une dévaluation et la réduction des dépenses de l’État, rencontrent l’approbation du Fonds monétaire international (FMI) et encouragent les investissements étrangers.
Auto-promu général, Lansana Conté met en œuvre une relative démilitarisation du régime : le CMNR, ouvert aux civils, devient en 1991 le Comité transitoire de redressement national, tandis que le pluralisme politique est instauré en 1992. Largement entachées d’irrégularités, les premières élections pluralistes consacrent en 1993 la victoire de Lansana Conté (avec 51,7 p. 100 des suffrages exprimés) puis, lors des élections législatives de 1995, la suprématie de la formation présidentielle, le Parti de l’unité et du progrès.
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