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Confédération nationale du travail [CNT] (Espagne)

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Affiche de propagande durant la guerre civile en EspagneAffiche de propagande durant la guerre civile en Espagne
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Présentation

Confédération nationale du travail [CNT] (Espagne), (Confederación nacional del trabajo), organisation anarcho-syndicale espagnole fondée à Barcelone en 1910, qui a constitué un mouvement puissant jusque et pendant la guerre civile (1936-1939).

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Fondation et développement

À la fin du xixe siècle, le mouvement anarchiste est particulièrement développé en Espagne, comme le montrent la scission intervenue en 1872 au sein de la section espagnole de la Ire Internationale — où la majorité se prononce pour Bakounine contre Marx — et les épisodes de violence libertaire à l’encontre des grands propriétaires agricoles, menés par les groupes « Main noire ». Dans ce contexte, le pédagogue Francisco Ferrer milite pour un passage de l’anarchisme à la tactique syndicale, comme la pratique déjà l’Union générale du travail (UGT), le syndicat socialiste fondé en 1879. La fondation de la Confédération nationale du travail (CNT), qui trouve ses origines dans l’anarcho-syndicalisme catalan de Solidarité ouvrière (Solidaridad obrera), marque ainsi la naissance de l’anarcho-syndicalisme au plan national.

En septembre 1911, dès le premier congrès de la CNT, où le syndicat qui revendique déjà 30 000 membres est officiellement baptisé, un mot d’ordre de grève générale est lancé : la CNT est aussitôt proscrite, et ce jusqu’en 1914. À partir de 1916, la Confédération modifie sa stratégie en engageant des relations avec l’UGT. Les deux syndicats appellent conjointement à la grève générale de 1917 et, lors du deuxième congrès de la CNT (1919), l’idée d’unifier la CNT et l’UGT est avancée, afin de favoriser la cohésion au sein de la classe ouvrière. C’est lors de ce congrès qu’est approuvé le rapprochement avec la IIIe Internationale, à laquelle la CNT adhère de 1919 à 1922, avant de s’en séparer définitivement.

À partir de 1918, le syndicat anarchiste se renforce de façon significative lorsque la crise de l’industrie catalane pousse des milliers d’ouvriers à adhérer à l’organisation d’autant plus que les cotisations sont très faibles. Sous l’impulsion de Salvador Seguí, qui s’oppose à tout débordement de violence (mais qui sera assassiné en 1923), le syndicat passe d’une organisation par métier à une organisation par branche industrielle, structure plus efficace. L’influence de la CNT augmente au sein de la petite industrie et du prolétariat agricole ; en 1919, elle rassemble plus de 700 000 membres, quand l’UGT en réunit un peu plus de 200 000. En 1923, après la mise en place de la dictature de Miguel Primo de Rivera, la CNT entre dans la clandestinité et participe à divers complots destinés à renverser le régime. Elle est alors en proie à une déstructuration et à une division interne entre l’aile modérée conduite par Angel Pestaña, le secrétaire général, partisan d’une limitation des luttes au seul terrain syndical, et l’aile radicale de la Fédération anarchiste ibérique (Federación anarquista ibérica, FAI) de Buenaventura Durruti, qui lie syndicalisme et révolution et entend renverser l’ordre établi.

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Maturité et divisions sous la IIe République

Avec l’avènement de IIe République (14 avril 1931), le nombre d’adhérents à la CNT augmente de façon spectaculaire, atteignant le chiffre de 1 200 000 militants. En 1931, le congrès extraordinaire de Madrid réfléchit à une réforme agraire visant à démanteler les grandes exploitations agricoles et à en répartir l’usufruit entre les paysans, et débat de l’acceptation ou du rejet des Cortes (Assemblée). Les partisans de leur reconnaissance, Angel Pestaña et Juan Peiró notamment, allèguent que cette assemblée est le fruit de l’action révolutionnaire du peuple, tandis que ses adversaires qualifient cette posture de collaborationniste et non apolitique. Les premiers ont finalement gain de cause, mais la violence de l’affrontement a pour effet de révéler la crise interne du syndicat. Cette même année est publié un manifeste signé par une trentaine de dirigeants de la Confédération (parmi lesquels Pestaña, López, et Peiró), qui défendent la thèse selon laquelle la révolution doit être l’œuvre « d’un mouvement initié par le peuple en masse, par la classe ouvrière ». La réaction de la FAI et de ses dirigeants les plus radicaux (notamment Montseny, Aláiz, Durruti et Oliver) est très brutale, et aboutit à l’exclusion de la CNT de tous les signataires du manifeste.

Dans le même temps, la division interne de la Confédération éclate au grand jour avec le manque de soutien et l’absence de coordination envers les tentatives insurrectionnelles menées par les différentes fédérations régionales, en Andalousie et dans les Asturies (octobre 1934) notamment. En 1936, la coalition du Front populaire (Frente popular) se constitue pour faire face à la menace que représente pour la République la Confédération espagnole des droites autonomes (Confederación española de derechas autónomas, CEDA). La CNT lève alors sa consigne habituelle d’abstention et favorise ainsi la victoire de la gauche aux élections de février 1936.

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De la guerre civile au franquisme

Lorsqu’éclate la guerre civile en 1936, la CNT rassemble 1,5 million d’adhérents. À l’encontre de ses idées apolitiques et antiétatiques, elle entre au gouvernement républicain de Francisco Largo Caballero — dans lequel elle détient les ministères de l’Industrie, du Commerce, de la Justice et de la Santé publique — et dans celui de la Généralité (organe gouvernemental autonome de Catalogne). Les miliciens de la CNT parviennent à faire front contre les rebelles en Catalogne et en Aragon, et le 20 juillet 1936, la CNT et la FAI contrôlent Barcelone, zones dans lesquelles ils tentent de procéder à une révolution sociale et à une remise en cause des structures économiques.

Mais la déroute républicaine lors du conflit signifie la mort ou l’exil pour la plupart des militants, bien que la CNT poursuive jusqu’en 1948 la lutte contre le général et dictateur Francisco Franco, dans le double cadre du mouvement ouvrier et de la guérilla. À partir de cette date, apparaissent des positions divergentes au sein de la Confédération qui ne tardent pas à l’affaiblir au point qu’elle perd bientôt toute influence auprès de la population.

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