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socialiste ouvrier espagnol, Parti [PSOE]

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José Luis Zapatero (discours)José Luis Zapatero (discours)
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1

Présentation

socialiste ouvrier espagnol, Parti [PSOE], (Partido socialista obrero español), parti politique espagnol créé en 1879.

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Un parti minoritaire face au courant anarchiste

En 1872, une scission a lieu au sein de la section espagnole de la Ire Internationale entre les tenants de l’anarchisme socialiste de Bakounine et les socialistes marxistes du groupe madrilène (ou « groupe des neuf »). Ces derniers, minoritaires, se regroupent en 1879 clandestinement autour de Pablo Iglesias, ouvrier typographe. C’est en 1888, au cours de leur premier congrès à Barcelone, que le nom de Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) devient officiel. La même année est fondée l’Union générale des travailleurs (Union generale de trabajadores, UGT), qui regroupe les forces syndicales socialistes. L’audience du parti, qui ne conçoit pas d’alliances avec les forces bourgeoises, conformément à la stratégie rigoriste de Pablo Iglesias, reste limitée au milieu des ouvriers typographes madrilènes, en Biscaye et dans les Asturies.

Mais les faibles résultats électoraux dus à cet isolement, ainsi que les événements de la « Semaine tragique » (à Barcelone, en 1909, les socialistes encouragent la population à s’opposer à l’embarquement des réservistes pour le Rif, mais subissent une dure répression engendrée par la surenchère anarchiste) et le rejet du gouvernement d’Antonio Maura, poussent le PSOE à opérer un virage tactique et à s’unir avec les républicains en 1909. Ce rapprochement se traduit dès 1910 par l’élection de Pablo Iglesias — son leader charismatique — aux Cortes, où il est député de Madrid. L’attitude adoptée par le parti lors de la grève générale d’août 1917, organisée en commun avec la Confédération nationale du travail (CNT) et l’intégration, au sein de ses horizons idéologiques, d’un programme agraire et municipal contribuent à sa consolidation progressive sur l’échiquier politique espagnol et à une plus large répartition géographique de son audience. Toutefois, en 1920, le PSOE ne compte encore que 23 000 adhérents, quand la CNT en recense plus de 700 000.

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L’accession au gouvernement sous la IIe République

Au congrès d’avril 1921, la majorité des participants ayant rejeté l’adhésion à la IIIInternationale, la minorité fait scission et crée peu après le Parti communiste espagnol (PCE). Ces dissensions internes favorisent le renforcement de la dictature de Miguel Primo de Rivera ; le PSOE s’en accommode même — Francisco Largo Caballero, le dirigeant de l’UGT devient conseiller d’État —, mais cela ne dure qu’un temps. Dès 1928, le PSOE se rapproche des autres partis républicains et se prononce en faveur de l’instauration de la République.

La IIe République (fondée le 14 avril 1931) permet, pour la première fois, l’accession du PSOE au gouvernement, d’où il met en œuvre — au sein du cabinet Azaña (1931-1933) et en coopération avec les républicains — un ambitieux programme de réformes et de modernisation, qui lui valent un élargissement de sa base électorale et une augmentation des adhésions. Dans le même temps s’opère un glissement vers la gauche de sa ligne politique, sous l’impulsion notamment de Largo Caballero. Cette radicalisation se manifeste notamment en 1934, lorsque les surréalistes prennent la tête d’une insurrection ouvrière dans les Asturies, pour s’opposer à l’entrée de la droite nationaliste et catholique au sein du gouvernement. En février 1936, il fait partie du Front populaire (Frente popular) qui remporte les élections, et les socialistes Largo Caballero et Juan Negrín se succèdent au gouvernement, en septembre 1936 et mai 1937.

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D’un parti clandestin au parti qui conduit la transition démocratique

La victoire franquiste dans la guerre civile (1936-1939) jette les socialistes sur le chemin de l’exil et de la dispersion (le siège du PSOE est transféré à Toulouse), jusqu’au rétablissement de la démocratie avec la monarchie de Juan Carlos Ier. Après 1976, les socialistes jouent un rôle essentiel dans le processus dit « de transition », dont l’année 1982 marque le point culminant.

Alors que des tensions opposent les socialistes clandestins restés en Espagne, dits « de l’intérieur », et les dirigeants historiques exilés, la première tendance l’emporte sous l’impulsion de Felipe González qui prend la tête du PSOE au congrès de Suresnes (1974) et lui imposera une ligne réformiste, excluant toute référence au marxisme-léninisme à partir de 1979. Légalisé en 1976, le PSOE tient cette année-là son premier congrès en Espagne depuis la guerre civile, remporte de bons résultats nationaux et locaux à partir de 1979 et triomphe aux élections de 1982, remportant 46 p. 100 des voix et 202 sièges sur 350. Le PSOE reste à la tête du gouvernement pendant quatorze ans — Felipe González est secrétaire général du PSOE et président du gouvernement pendant toute la période — prouvant que la démocratisation du pays est possible et engageant l’Espagne sur la voie de la modernisation et de l’Europe.

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