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Fièvre sur Anatahan [Josef von Sternberg]

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Josef von SternbergJosef von Sternberg

Fièvre sur Anatahan [Josef von Sternberg] (The Saga of Anatahan), film japonais en noir et blanc de Josef von Sternberg, réalisé en 1953.

Le 12 juin 1944, un navire de guerre japonais est bombardé par l’aviation américaine. Une partie de l’équipage réussit à gagner une île rocheuse, couverte par la jungle : Anatahan. Ces rescapés y découvrent Kusakabe (Kisaburo Sawamura), un Japonais qui habite l’île avec la jeune et belle Keiko (Akemi Negishi). Au début, les marins sont disciplinés. Ils acceptent les ordres du quartier maître. Mais, peu à peu, leur désir pour Keiko les dévore. À l’annonce de la fin de guerre en 1945, ils pensent qu’il s’agit d’une ruse de l’ennemi. Ils refusent de se rendre et restent sur l’île. La discipline disparaît, ils boivent, courtisent Keiko et se disputent. L’épave d’un avion apporte un changement à la situation. Deux des marins y récupèrent des revolvers et ils font alors régner leur loi. Keiko leur appartient. L’un d’eux tue un marin qui la convoite, puis il se fait abattre par son complice. Kusakabe tue ce dernier, mais il se fait assassiner à son tour. Keiko s’enfuit. Sept ans après leur arrivée sur l’île, les hommes reçoivent des preuves que la paix est bien signée depuis longtemps : un message de Keiko, des lettres des familles de certains survivants et un document officiel du préfet du Pacifique. Ils acceptent de rentrer au Japon.

Transposition cinématographique de Anatahan (1951), le récit authentique de Michiro Maruyama, l’un des survivants de cette aventure, est le dernier film de Josef von Sternberg. Soucieux comme toujours de faire une œuvre personnelle, il écarte la présence d’indigènes dans l’île pour créer un lieu clos où les marins et le couple sont seuls à s’opposer. Son désir artistique le conduit à reconstituer toute la jungle en studio, à contrôler la photographie, la production et le décor dans ses moindres détails et à opter pour un film raconté par lui-même en voix off, avec de rares dialogues en japonais. Il en résulte une œuvre originale, révélatrice de la nature humaine, et surtout un admirable portrait de femme. La musique d’Akira Ifubike soutient de façon parfaite le commentaire. L’adjonction d’images documentaires renforce l’étrange et fascinant réalisme de cette œuvre.

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