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Europe 1, station radiophonique périphérique française.
C’est depuis le territoire indépendant de la Sarre que la station Europe 1 émet ses premiers programmes le 1er janvier 1955. Les difficultés liées au climat politique de l’époque — Français, Sarrois et Allemands s’opposent, jusqu’en 1957, quant à la possession de ce nouvel émetteur —, combinées à des problèmes d’ordre technique — les fréquences attribuées à cette nouvelle radio brouillent les émissions de radio norvégiennes, danoises, ainsi que Radio Luxembourg — inaugurent un début de parcours chaotique : Europe 1 est contrainte de cesser d’émettre. La société Images et sons, propriétaire de la radio, réorganise son capital après l’acquisition d’une participation de 35 p. 100 par la Sofirad, associée au groupe Floirat. Ce parcours juridique mouvementé n’empêche pas Europe 1 de susciter, sous la conduite de Louis Merlin et Maurice Siegel, un rapide engouement : en rupture avec le conformisme tranquille des antennes d’État, Europe 1 fait figure de trublion révolutionnaire. Le succès de la station s’est construit autour d’un style populaire inédit pour l’époque, qui prend à contre-pied Radio Luxembourg. La primauté est accordée à l’information immédiate avec des flashs spéciaux qui nécessitent la mise en œuvre de nouveaux moyens techniques (radiotéléphones et appareils d’enregistrement portatifs). Le ton particulier de la radio repose sur la création d’une complicité avec l’auditeur : les mêmes animateurs se retrouvent aux mêmes créneaux horaires, l’information est délivrée sur un ton neuf, simple et direct. Le style « Louis Merlin » fait école. Le credo mythique qui a fait le tour des rédactions (« un sujet, un verbe, un complément ; pour les adjectifs, vous viendrez me demander la permission ») lui est attribué et contribue à la réussite du style Europe 1. Toujours dans cette logique d’opposition, alors que Radio Luxembourg privilégie la chanson française, Europe 1 ouvre sa programmation à de nouveaux courants musicaux, dont le jazz et surtout le rock. L’émission Salut les copains de Daniel Filipacchi et Frank Ténot devient, entre 1960 et 1968, l’émission phare de la station. Europe 1 s’impose également grâce à des émissions satiriques — notamment Signé Furax ou Les kangourous n’ont pas d’arêtes de Francis Blanche — et grâce à des programmes animés par Maurice Biraud ou Pierre Bonte, appelant une participation du public. Fidèle à cet héritage, Europe 1 a depuis toujours laissé une place dans sa grille à ce type d’émission d’humour (avec Coluche entre 1985 et 1986, ou Karl Zéro depuis 1998), ou de dialogue avec les auditeurs (avec l’émission Génération Europe 1).
Victime de la concurrence des autres stations périphériques et de l’arrivée des radios « libres » du réseau FM, et constatant l’érosion de son audience (de nombreux « élèves » ont copié le « maître » qui n’est plus seul à innover), Europe 1, contrôlé depuis 1986 par le groupe Hachette, investit de nouveaux créneaux. La station est ainsi présente sur le réseau des radios musicales en modulation de fréquence avec Europe 2 et RFM, dans l’affichage depuis la reprise de Giraudy, ainsi que dans l’activité de régie publicitaire. Enfin, aux fins de renouvellement de son image, depuis la rentrée 1998, la station développe sous la conduite de Jérôme Bellay, le directeur de l’antenne, une stratégie globale qui vise à solliciter davantage l’auditeur afin de faire d’Europe 1 une « radio active ». L’accent est mis sur l’information en continu ainsi que sur le direct, au détriment de la chanson et des émissions de divertissement. Au milieu des années 2000, la part d'audience d'Europe 1 est de 9 à 10 p. 100, derrière celles de RTL et France Inter. En 2005, Jean-Pierre Elkabbach, journaliste de radio et télévision, entré à Europe 1 en 1982, prend la direction de la station.
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