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Âge d'or, l' [Luis Buñuel]

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Âge d'or, l' [Luis Buñuel], film français en noir et blanc de Luis Buñuel, réalisé en 1930.

Deux scorpions combattent sur un rocher. Des archevêques chantent devant la mer. Des bandits faméliques s'entassent dans une cabane. L'un d'eux, Péman (Pierre Prévert), agonise. Mais leur capitaine (Max Ernst) apprend que les Mayorquins sont arrivés et fait signe à ses hommes de le suivre. Péman dit : « Vous avez des accordéons, des hippopotames, des clefs, des chefs grimpants et des pinceaux », puis il perd connaissance. Les bandits s'arment et sortent. Les archevêques sont devenus des squelettes. Des barques chargées de passagers accostent sur la plage pour une cérémonie. Pendant le discours d'un délégué du gouvernement, un couple s'étreint avec ostentation. Des spectateurs les séparent. L'homme (Gaston Modot) pense alors à son amante (Lya Lys) assise dans les toilettes. Il est emmené par des policiers, tandis que le personnage officiel pose la première pierre de l'impériale Rome. On voit le Vatican et une rue de ville moderne où déambulent des gens. L'un d'eux donne des coups de pied dans un violon. L'homme de la plage est toujours aux mains des policiers. La jeune femme des toilettes est dans sa maison où elle s'entretient avec sa mère à propos de la réception qu’organise son marquis de père. Dans sa chambre, elle trouve une vache couchée sur son lit. Dans la rue, l'homme de la plage montre un document aux policiers qui prouve qu'il représente la patrie pour une mission humanitaire. Les policiers le relâchent. Il se rend à la réception du marquis, dans le jardin duquel un garde pose son fusil et se roule une cigarette. Son enfant vient le taquiner. Le garde l'abat d'un coup de fusil. Les invités regardent la scène avec contrariété. L'homme de la plage retrouve enfin la fille du marquis et cherche un endroit tranquille pour l'enlacer. Le couple profite du concert dans le jardin pour s'isoler. Le chef d'orchestre a une attaque. Il erre dans le jardin et embrasse la jeune femme, pendant que l'homme de la plage insulte son ministre au téléphone, jusqu'à ce que ce dernier se suicide. Puis, fou de rage, l'homme de la plage défenestre les meubles, les curés, une girafe, un sapin en flammes… Ensuite, des hommes en habit du xviiie siècle sortent du château de Selliny aux côtés d’un individu qui a le visage du Christ. Une adolescente apparaît dans l'encadrement de la porte. Elle a du sang sur la poitrine. L'homme qui ressemble au Christ la pousse à l'intérieur du château, puis revient seul. Le film s'achève sur une croix enneigée où sont accrochées des chevelures de femmes.

Écrit par Luis Buñuel et Salvador Dalí, produit par le mécène Charles de Noailles, l'Âge d'or est immédiatement encensé à sa sortie par le groupe surréaliste qui voit dans ce film la démonstration des possibilités offertes par le cinéma au service de « l’amour fou », de l'onirisme conquérant et de l'anticléricalisme sauvage. Il est vrai que le travail poétique de Buñuel dans l'Âge d'or illustre parfaitement la notion de « beauté convulsive » chère à André Breton. Cependant, derrière la provocation, le goût de l'absurde, l'athéisme violent, le sadisme et l'anarchie qui imprègnent ce film se dévoilent une grande rigueur d'écriture cinématographique, un regard idéaliste sur l'absolu de l'amour et un plaidoyer pour la liberté totale.

Les projections publiques de l'Âge d'or au Studio 28 ont déclenché de violentes manifestations fomentées par l'extrême droite. Ce scandale a permis au préfet de police d'interdire totalement le film, qui ne sera à nouveau autorisé que cinquante ans plus tard.

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