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Résultats avec Windows Live® Search Gertrud [Carl Dreyer]Article
Gertrud [Carl Dreyer], film danois en noir et blanc de Carl Dreyer, réalisé en 1964. Ancienne chanteuse célèbre, Gertrud (Nina Pens Rode) est mariée avec Gustav (Bent Rothe), un avocat puissant et promis à un bel avenir politique. Déçue par le peu de marques d’intérêt que lui témoigne son époux, elle souhaite recouvrer sa liberté et entretient une liaison décevante avec Erland (Baard Owe), un jeune compositeur, qui lui est rapidement infidèle. Elle retrouve son ancien amant Gabriel Lidman (Ebbe Rode), devenu un écrivain célèbre. Ayant quitté Gustav et rompu avec Erland, Gertrud se retrouve seule. Bien des années plus tard, évoquant son passé, elle déclare à Gabriel, son ami de toujours, qu’elle ne regrette rien. Adaptant une pièce de Hjalmar Soderberg, Carl Dreyer reste fidèle à l’original et transpose la pièce en adoptant une scénographie qui, si elle évoque délibérément le théâtre, transcende néanmoins le genre du théâtre filmé. Ces réminiscences du Kammerspiel agacèrent en leur temps le public et la critique qui les jugèrent en complet décalage avec le cinéma de l’époque. Depuis lors, pourtant, Gertrud a été maintes fois salué comme un chef-d’œuvre de sensibilité et de clarté. La fluidité du style repose sur la longueur des plans qu’entrecoupent de brefs inserts. Gertrud ne force jamais le sentiment du spectateur, mais joue avec délicatesse sur toute la palette de ses sensations. La subtilité de cette œuvre évoque un art d‘essence musicale par le travail sur la modulation et le contrepoint : modulation dans les dégradés de gris — à l’intérieur d’une même séquence — qui suscite le mouvement émotionnel, et contrepoint par le contraste des lumières, le passage du sombre au diaphane d’une séquence à l’autre. De Gertrud se dégage une aura de gravité et de pudique tristesse, en totale harmonie avec les amours déçues de son héroïne, dont le bilan est tout entier résumé par l’énoncé du credo qui clôt (sans appel possible) le film : « Je crois aux plaisirs charnels et à la solitude irrémédiable de l’âme ».
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