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  • La grande illusion

    Réalisation Jean RENOIR Scénario, dialogues Jean RENOIR et Charles SPAAK Production Réalisation d'Art Cinématographique Producteur Frank ROLLMER, Albert PINKEVITCH

  • La Grande illusion

    Pendant la Première guerre mondiale, le capitaine Boeldieu et le lieutenant Maréchal sont faits prisonniers au camp Hallbach. Ils font connaissance avec leurs nouveaux ...

  • La Grande illusion (1937) de Jean Renoir - L’Oeil sur l’Ecran ...

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Grande Illusion, la [Jean Renoir]

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Jean RenoirJean Renoir

Grande Illusion, la [Jean Renoir], film français en noir et blanc de Jean Renoir, réalisé en 1937.

Pendant la Première Guerre mondiale, le lieutenant Maréchal (Jean Gabin) et le capitaine de Boëldieu (Pierre Fresnay) effectuent un vol de reconnaissance au-dessus des lignes allemandes. Ils sont abattus par le pilote et capitaine von Rauffeunstein (Erich von Stroheim) qui les invite à sa table avant qu'ils soient emmenés comme prisonniers de guerre. Les deux Français arrivent dans un camp où les soldats incarcérés creusent un tunnel pour s'échapper. Parmi eux, il y a Traquet (Julien Carette), un comédien de music-hall, et Rosenthal (Marcel Dalio), un riche israélite qui reçoit de somptueux colis de sa famille. Un spectacle est organisé par eux, mais Maréchal interrompt la représentation pour annoncer que les Français ont repris Douaumont aux Allemands. Il est mis au cachot. Plus tard, les prisonniers sont prêts à s'évader par le tunnel, mais ils sont alors transférés dans un autre camp. Après plusieurs séjours dans différents camps et diverses tentatives d'évasion, Rosenthal, Maréchal et de Boëldieu arrivent dans une forteresse commandée par le capitaine von Rauffeunstein, qui n'est plus pilote car sa colonne vertébrale est brisée. Il entretient alors des relations amènes avec de Boëldieu. Mais ce dernier monte un plan d'évasion pour s'enfuir avec Maréchal et Rosenthal. En fait, il se sacrifie par une mise en scène pour leur permettre de s'échapper seuls. Au cours de leur voyage vers la frontière, Rosenthal et Maréchal se disputent. Ils se réfugient dans une ferme où une veuve allemande Elsa (Dita Parlo) les recueille. Maréchal et Elsa ont une aventure. La femme les aide ensuite à partir vers la liberté. Ils traversent la frontière suisse.

Si la Grande Illusion est le plus grand succès commercial de Jean Renoir, il faut toutefois rappeler que le film a été vilipendé à sa sortie par certains fascistes. Benito Mussolini intervient directement au festival de Venise pour que la Grande Illusion ne figure pas au palmarès, car il reproche à l'œuvre son pacifisme. En Allemagne, Goebbels fait couper les scènes où l'israélite apparaît sympathique. Le gouvernement belge en interdit la projection. En revanche, des personnalités aussi diverses que Franklin Roosevelt, Hermann Göring et Louis-Ferdinand Céline acclament le film.

Souvent considérée comme une œuvre patriotique, la Grande Illusion est à cet égard plus nuancée qu'il n’y paraît. S'inspirant de leurs souvenirs de soldats, Jean Renoir et son scénariste Charles Spaak entendent montrer que la société est profondément divisée, non seulement en fonction des classes sociales, mais aussi en fonction de critères plus obscurs, moins rationnels, d’ordre sentimental et culturel. Si, dans ce film, l'amitié, la persévérance et le désir de liberté sont mis en valeur, Renoir ne manque pas de nous rappeler que l’homme porte aussi en lui-même des sentiments hostiles et négatifs, toujours prêts à resurgir.

Par ailleurs, Jean Renoir y poursuit ses recherches personnelles sur le théâtre et la vie. Il n'est pas innocent que le spectacle organisé par les prisonniers soit interrompu par le réel quand Maréchal vient annoncer une victoire française sur la scène, alors que la mise en scène organisée par de Boëldieu permet, par un effet tout théâtral, l'évasion de Maréchal et de Rosenthal.

Le film comporte également une analyse pertinente des mutations de l'histoire. Les capitaines de Boëldieu et von Rauffeunstein réalisent que l'avenir ne leur appartient plus, que les valeurs auxquelles ils croient n’auront plus cours dans le monde moderne, et qu’il ne leur reste qu’à disparaître. Réalisé en 1937, la Grande Illusion fait entendre des échos du Front populaire en brassant les aspirations des masses à la justice, à l’égalité et au bonheur. La clef de l'œuvre se trouve peut-être dans une réplique de Rosenthal : « La nature elle s'en fout des frontières, les frontières c'est une invention des hommes. »

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