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Homme d'Aran, l' [Robert Flaherty]

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Robert FlahertyRobert Flaherty

Homme d'Aran, l' [Robert Flaherty] (Man of Aran), film britannique en noir et blanc de Robert Flaherty, réalisé entre 1932 et 1934.

Sur une île aride de l’archipel d’Aran, près des côtes irlandaises, une famille récolte le limon et le varech qui servent aussi bien à construire la maison qu’à améliorer le rendement d’un sol peu fertile. Sous le regard des femmes qui attendent, les hommes se livrent à la chasse au requin-pèlerin, sur une barque étroite, à l’aide d’un seul harpon muni d’une simple corde. Parfois la bête s’échappe. Il faut recommencer : l’huile du foie de requin alimentera les lampes du foyer. Au retour, sur la mer déchaînée, la barque se brise…

L’Irlande est la patrie d’origine de la famille de Robert Flaherty et l’Homme d’Aran est avant tout un hommage à ses ancêtres, à la vie rude et difficile. Pas plus que dans Ombres blanches (White Shadows on the South Seas, 1927) ou plus tard dans Louisiana Story (1948), Flaherty ne prétend donner une vision documentaire objective de la vie sur cette île. Ne l’intéresse que la beauté de l’affrontement primitif de « l’homme » d’Aran avec la nature et, pour mieux le mettre en évidence, le réalisateur n’hésite pas à manipuler la réalité. Sa famille de pêcheurs n’en est pas une, le père (Colman « Tiger » King), la mère (Maggie Dillan), le fils (Michael Dirrane) ayant été principalement choisis pour leur type physique (en 1932, il y a déjà longtemps que la pêche ne se pratiquait plus de cette manière artisanale, et, de plus, les marins ne sortaient jamais par pareil gros temps). Néanmoins, la poésie et la beauté plastique des images, l’attention portée aux êtres et aux gestes conservent à ce témoignage sur une condition humaine mythique tout son pouvoir de fascination.

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