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  • Nazarin - Wikipédia

    Nazarin est un film mexicain réalisé par Luis Buñuel en 1958. [modifier] Synopsis. Un jeune prêtre trop idéaliste tente de convertir de pauvres hères.

  • Ciné-club : Nazarin de Luis Bunuel

    Avec : Francisco Rabal (Nazarin), Marga López (Beatriz), Rita Macedo (Andara), Jesús Fernández (Ujo). 1h34

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Nazarin [Luis Buñuel]

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Nazarin [Luis Buñuel], film mexicain en noir et blanc de Luis Buñuel, réalisé en 1959.

Au Mexique, en 1900, sous la dictature de Porfirio Díaz, le prêtre Nazarin (Francisco Rabal) vit dans un quartier misérable, où il applique les préceptes du Christ en multipliant sacrifices et privations. Il cherche à aider Beatriz (Marga Lopez), une jeune femme en proie à des crises d'hystérie après que son amant l'a abandonnée. Il recueille aussi Andara (Rita Macedo), une prostituée blessée au cours d'une rixe et recherchée par la police. Dénoncé aux autorités, il se réfugie chez un ami prêtre, tandis qu’Andara met le feu chez lui avant de s'éclipser en compagnie de Beatriz. Le prêtre avertit Nazarin que sa hiérarchie lui a retiré l’administration de sa paroisse et il lui demande de quitter son domicile. Nazarin quitte alors la soutane et part mendier sur les routes. Il tente de prêcher la bonne parole et de faire le bien, mais il crée partout la zizanie sans le vouloir : il accepte de travailler contre de la nourriture, déclenchant ainsi l’animosité des ouvriers qui lui reprochent de leur porter tort. En pleine bagarre, il quitte donc le chantier. Dans un village, il retrouve Beatriz et Andara qui lui demandent de faire un miracle pour guérir un enfant malade. Nazarin leur reproche leur superstition, et se contente de prier au chevet de l'enfant, déclenchant brusquement autour de lui une crise d'hystérie collective. La petite fille guérit et Nazarin repart sur les routes, suivi par Beatriz et par Andara. Ils arrivent tous trois dans un lieu où sévit une épidémie de peste. Nazarin tente d'aider et de confesser une femme agonisante dont le mari est parti. Ce dernier revient et chasse Nazarin, car il veut mourir avec celle qu'il aime. Plus tard, en ville, un nain tombe follement amoureux d’Andara ; puis l'ancien amant de Beatriz vient la reprendre. C'est alors que la police arrête le prêtre ainsi qu’Andara. Beatriz refuse de les quitter et les accompagne sur la route qui conduit au tribunal. En chemin, certains des prisonniers du convoi narguent Nazarin. Un parricide le corrige même dans le cachot, mais un criminel pilleur d’églises lui vient en aide. La mère de Beatriz, amenée par l'ancien amant de sa fille, l'accuse d'être amoureuse de Nazarin, déclenchant une crise d'hystérie chez la jeune femme. Accablée, celle-ci accepte de repartir avec son ancien amant. Les autorités décident alors que Nazarin continuera seul son chemin vers le tribunal, simplement accompagné d'un homme en civil. Sur la route, une ancienne paroissienne le reconnaît et lui offre un ananas.

Dans ce film, le prêtre Nazarin est montré comme un illuminé qui croit possible de vivre son sacerdoce sans tenir compte des réalités humaines. Beatriz est désignée comme une hystérique suicidaire pour qui la souffrance est occasion de rédemption. Seule Andara, l'ancienne prostituée, se montre consciente du réel et n'hésite pas à recourir à la violence pour se défendre ou pour venger ceux qu'elle estime. Elle est le pivot critique de l’œuvre, son point d'ancrage dans le social et un miroir des vérités. Sa fascination pour Nazarin repose sur un besoin d'affection dont elle est continûment consciente. Le scénario de Nazarin (d’après un roman de Benito Pérez Galdós) s'apparente au Don Quichotte de Cervantès, à la différence près que les voies empruntées par le prêtre sont des voies religieuses et non pas militaires. Grinçant, méchant souvent, filmé avec une rigueur exemplaire, Nazarin est une œuvre qui rejette les dogmes et qui visite toutes les hérésies avec un pessimisme sans tristesse ni sentimentalisme.

De tous les films de Luis Buñuel, Nazarin est celui qui brouille le plus les cartes. D’aucuns y ont vu un retour de l'auteur au christianisme de son enfance. D'autres y ont décelé une métaphore politique établissant un parallèle entre la dictature de Porfirio Díaz et l'Espagne contemporaine de Franco. D’autres encore ont décelé une volonté d'humour noir dans cette description du chemin de croix d'un entêté qu’accompagnent deux hystériques. D’autres, enfin, ont considéré l’œuvre comme foncièrement anticléricale, fondant leur dire sur les rares images sacrilèges du film (un Christ hilare devant une mourante, une statue de saint dans les flammes, l'hystérie religieuse outrée au chevet de l'enfant malade, le confort bourgeois du prêtre qui recueille Nazarin).

On serait tenté de dire que toutes ces interprétations sont défendables, dans la mesure où Luis Buñuel lui-même revendiquait une pratique cinématographique tenant de l’« auberge espagnole », le cinéaste n’ayant par ailleurs jamais fait mystère de ses positions surréalistes, anarchistes, humanistes et contestataires.

Troublé par Nazarin, le jury du festival de Cannes lui a attribué un prix international en jugeant cependant nécessaire de préciser : « En accordant ce prix, le jury tient à rendre hommage à son auteur Luis Buñuel pour l'ensemble d'une œuvre où il n'a cessé d'affirmer l'audace et la puissance de son inspiration. »

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