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  • Pierrot le Fou

    L'odyssée à travers la France de Ferdinand dit Pierrot le Fou et de son amie Marianne, poursuivis par des gangsters à la mine patibulaire.

  • Pierre Loutrel - Wikipédia

    Pierre Loutrel (1916-1946), plus connu sous le nom de "Pierrot le fou", était le premier ennemi public N° 1 français et l'un des meneurs du Gang des tractions.

  • PIERROT LE FOU

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Pierrot le fou [Jean-Luc Godard]

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Jean-Luc GodardJean-Luc Godard

Pierrot le fou [Jean-Luc Godard], film français en couleurs de Jean-Luc Godard, réalisé en 1965.

Ferdinand Griffon (Jean-Paul Belmondo) est marié à Maria (Graziella Galvani), une riche héritière avec laquelle il ne s'entend plus. Un soir, leur ami Frank (Georges Staquet) amène une baby-sitter, Marianne (Anna Karina) pour qu'elle garde les enfants du couple pendant qu'ils se rendent ensemble à une soirée. Ferdinand reconnaît alors en Marianne une jeune femme qu'il a aimée autrefois. Pendant la soirée mondaine, Ferdinand Griffon s'entretient avec un réalisateur américain (Samuel Fuller), puis rentre seul chez lui. Il y trouve Marianne endormie et la réveille. Il la reconduit chez elle en voiture. Pendant le trajet, il comprend qu'il l'aime toujours et passe le restant de la nuit avec elle. Au matin, il apprend que sa femme les a surpris, puis il découvre un homme assassiné dans l'appartement de Marianne, où des armes et des munitions sont entassées. Frank survient. Marianne et Ferdinand l'assomment et s'enfuient, poursuivis par la police et des trafiquants d'armes (Roger Dutoit, Hans Meyer et le lilliputien Jimmy Karoubi). Ils traversent la France, mendient, volent des voitures, se cachent et atteignent enfin la mer. Mais les trafiquants d'armes les retrouvent. Marianne assassine alors le nain et Ferdinand est torturé par ses complices. Réfugié seul à Toulon, il retrouve Marianne qui le présente à Fred (Dirk Sanders), son soi-disant frère, et elle lui propose de participer à une escroquerie meurtrière. Ferdinand accepte, puis il comprend qu'il a été trompé. Après avoir écouté le soliloque d'un homme (Raymond Devos) devant « la mer recommencée », il gagne l'île où se cachent Fred et Marianne, les tue, se peint le visage en bleu et se suicide en se faisant sauter la tête avec de la dynamite.

Prenant comme argument un roman noir de Lionel White : le Démon de onze heures (Obsession, 1962), Jean-Luc Godard compose avec Pierrot le fou un film extrêmement libre, émouvant et inventif, resté emblématique de l’esprit de la Nouvelle Vague.

On a pu dire qu’il y a le cinéma d'avant Pierrot le fou et celui d'après Pierrot le fou, tant cette œuvre, qui fait exploser les us et vieilles coutumes cinématographiques, possède une force rénovatrice égale à celle des plus grands peintres et compositeurs contemporains. Ce patchwork de couleurs, de sons et de lumières exprime avec audace et naturel un extraordinaire appétit de vivre, de créer, de comprendre et d’aimer. La liberté d'expression y règne dans un faux désordre, car tout est en fait organisé avec une grande précision artistique. L'utilisation remarquable du CinémaScope et la musique envoûtante d’Antoine Duhamel accentuent l’éblouissement de cette symphonie « cruelle et tendre, réelle et surréelle, diurne et nocturne, inquiétante et marrante, belle comme tout », pour paraphraser le poème que Marianne consacre à Ferdinand.

Les citations qui émaillent le film, loin d’être une vaine superposition de sens, apparaissent comme les éléments organiques d’un collage poétique surprenant où se côtoient Arthur Rimbaud, Federico García Lorca ou Louis-Ferdinand Céline, Auguste Renoir, Pablo Picasso ou Paul Klee. Ce collage contribue à l’homogénéité du film, grâce à la vision sublimée et lumineuse de la réalité qu’il en donne, réalité dont sont pris à bras-le-corps tous les aspects : de la souffrance désespérée jusqu’au bonheur radieux.

Loin d’être une œuvre repliée sur elle-même, Pierrot le fou concilie intellectualité, abstraction et romantisme moderne avec une extraordinaire ouverture sur le monde. Derrière les écartèlements du couple traqué, ce sont les petites crises quotidiennes de tous les couples du monde qui se dessinent. De même, derrière l'imbroglio policier du récit sont nommément désignés les affrontements idéologiques de l'époque, et les guerres secrètes ou officielles qui en découlent. Car Pierrot le fou est un film aussi politique que poétique, et pas seulement par sa forme révolutionnaire.

Le jeu bouleversant d’Anna Karina et de Jean-Paul Belmondo participe d’une audace presque barbare qui consiste à faire entrer en collision les plus simples sentiments humains avec les grandes tensions du siècle, et la tentation de la lâcheté avec l’amour fou et un désir de totale liberté, hors les lois et les contingences sociales.

La censure ne s'est pas totalement trompée en interdisant Pierrot le fou aux moins de dix-huit ans pour « anarchisme intellectuel », une formule révélatrice du sentiment éprouvé par la commission de censure devant un objet artistique effectivement très subversif. Au moment de sa sortie, le film a provoqué d’ailleurs des réactions violentes. Il y eut des bagarres dans les salles et une ardente polémique dans la presse. Au dire du poète Louis Aragon, Godard a signé là un des films les plus importants de l'histoire du cinéma : « L'Art aujourd'hui, c'est Jean-Luc Godard », a-t-il proclamé.

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