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Providence [Alain Resnais]

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Alain ResnaisAlain Resnais

Providence [Alain Resnais], film franco-britannique en couleurs d’Alain Resnais, réalisé en 1977.

L'écrivain Clive Langham (John Gielgud) boit, souffre physiquement du délabrement de ses intestins et délire au cours de la nuit qui précède son soixante-dix-huitième anniversaire. Il imagine les chapitres de son nouveau roman, en prenant comme modèles son fils naturel Kewin Woodford (David Warner), sa femme décédée Molly (Elaine Strich) qu'il rebaptise Helen Wiener, son fils légitime Claud (Dirk Bogarde) et l'épouse de ce dernier, Sonia (Ellen Burstyn). L'histoire qu'il invente entremêle une contagion maligne qui transforme les hommes en loups-garous, la répression brutale d'une milice antiterroriste et un chassé-croisé en forme de psychodrame entre Claud, Sonia, Kewin et Molly. Le lendemain, il reçoit Kewin, Claud et Sonia pour son repas d'anniversaire.

Pour l'écriture de Providence, Alain Resnais déclare au romancier britannique David Mercer avoir « ramassé tout ce qui [l’…] intéresse à la manière d'un ferrailleur ». À partir de là, les deux hommes construisent une trame éclatée d'histoires reliées entre elles par les lois secrètes de l'imaginaire et de l'inconscient.

Par sa structure brisée, où la parodie rencontre sans cesse le drame, Providence interroge l'inspiration romanesque en explorant toutes les obsessions liées à la mort et en se nourrissant des principaux thèmes du fantastique, du vaudeville, du mélodrame ou de la science-fiction à connotation politique et sociale. Baigné d'onirisme par une musique admirable de Miklos Rozsa, Providence est un film en lui-même musical, comme une longue suite de motifs nocturnes qui viennent se briser sur des plages de souffrance jusqu’à l’accalmie finale.

Œuvre clairement destinée à semer le trouble dans la conscience par rapport aux notions de famille et de code social, Providence possède un incontestable lyrisme aux accents fantastiques qui se retrouvent jusque dans le titre du film, inspiré du romancier Lovecraft.

En 1978, Providence a reçu les césars du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario.

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