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Vampires, les [Louis Feuillade]

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Vampires, les [Louis Feuillade], film muet français en noir et blanc et en dix épisodes de Louis Feuillade, réalisé en 1915.

Dans le bureau du journaliste Philippe Guérande (Édouard Mathé), un dossier concernant l’organisation criminelle des Vampires est volé par un garçon de bureau du journal Mondial, Oscar Mazamette (Marcel Levesque). Philippe Guérande le démasque, lui pardonne et le prend à son service. Puis il part en reportage et découvre qu'un inspecteur de police a été décapité. Sa tête se trouve dans le château de la Chesnaye, dont le propriétaire a été assassiné par le chef des Vampires, le Grand Vampire (Jean Aymé), qui a pris sa place et qui est parvenu à s'enfuir. De retour à Paris, Philippe Guérande doit rencontrer la danseuse Marfa Koutiloff (Stacia Napierkowska) pour écouter ses révélations sur la bande des Vampires, mais le Grand Vampire intervient sous une autre identité. Il tue la danseuse et fait capturer Philippe Guérande, qui est heureusement délivré par Mazamette. Ensuite, le journaliste cherche à décrypter un carnet secret qu'il a trouvé dans le repaire des bandits. Il va donc dans le cabaret où se produit l'égérie de la bande des Vampires, Irma Vep (Musidora), mais les criminels enlèvent alors sa mère (Delphine Renot) qui réussit cependant à leur échapper. C'est alors que le bandit Moreno (Fernand Herman) veut rivaliser avec la bande des Vampires. Philippe Guérande le fait arrêter, mais Moreno s'évade, vole le butin des Vampires, hypnotise Irma Vep, lui fait assassiner le Grand Vampire et la prend pour maîtresse. Devenu le nouveau chef des Vampires, Satanas (Louis Lebas) parvient à soumettre Moreno à sa volonté et il délivre Irma Vep qui a été emprisonnée par la police. Puis, fait à son tour prisonnier, il se suicide dans sa cellule. Venenos (Frederik Moriss) prend sa place à la tête de la bande et enlève la fiancée du journaliste (Louise Lagrange). Mazamette, Philippe Guérande et la police la délivrent et exterminent enfin les Vampires.

L'inventivité permanente de la mise en scène des Vampires en fait une des œuvres les plus importantes du cinéma muet français. Le rythme, la cadence et le dynamisme de chaque séquence offrent un spectacle passionnant qui reste encore aujourd'hui singulièrement moderne et efficace.

Le film se divise en dix épisodes : 1 : la Tête coupée, 2 : la Bague qui tue, 3 : le Cryptogramme rouge, 4 : le Spectre, 5 : l'Évasion du mort, 6 : les Yeux qui fascinent, 7 : Satanas, 8 : le Maître de la foudre, 9 : l'Homme des poisons, 10 : les Noces sanglantes.

Boudé par les intellectuels, à l’exception des surréalistes — enthousiastes —, et par la critique de l'époque, les Vampires est un immense succès populaire. Il est vrai qu'une formidable poésie noire se dégage de l'œuvre. Louis Feuillade s'inspire avec génie de la logique des rêves, joue du réalisme absolu pour les séquences les plus invraisemblables et fait baigner les séquences réalistes dans un onirisme fascinant, sans oublier de faire frémir le spectateur en lui donnant les émotions qu'il attend de tout bon feuilleton d'aventures criminelles.

Dans le rôle d'Irma Vep (anagramme de vampire), Musidora impressionne par son charme vénéneux et sa sensualité. Ainsi est née la première « vamp » de l'histoire du cinéma.

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