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Vampyr [Carl Dreyer]

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Carl Theodor DreyerCarl Theodor Dreyer

Vampyr [Carl Dreyer], film franco-allemand en noir et blanc de Carl Dreyer, réalisé en 1932.

Alors qu'il séjourne à l’auberge du village de Courtempierre, le jeune David Gray (Julian West) reçoit la visite d'un vieillard (Maurice Schutz) qui lui remet un paquet sur lequel est écrit : « À ouvrir après ma mort. » Des ombres guident ensuite David vers une maison abandonnée, puis au château où habitent le vieil homme et ses filles Gisèle (Sibylle Schmitz) et Léone (Rena Mandel). Le vieillard meurt assassiné et David Gray apprend qu’un vampire, assisté par le médecin du village, menace la communauté. Léone est la proie du vampire qui n’est autre qu’une vieille femme (Henriette Gérard), mais David intervient, tue le vampire et sauve ainsi la jeune fille.

Inspiré de deux récits de Sheridan Le Fanu, le film a été financé par le baron Nicolas de Gunzburg, qui interprète lui-même le rôle de David Gray, sous le pseudonyme de Julian West.

Carl Dreyer, qui séjournait en France depuis 1926, y a réalisé Vampyr pendant l’été 1930. Le film a été tourné en extérieurs réels près de Paris, ainsi qu'au château de Courtempierre dans le Loiret, mais c’est à Berlin que le cinéaste a travaillé la bande-son et le mixage des trois versions (française, anglaise et allemande), dans des conditions très difficiles.

Mal accueilli à sa sortie, le film est à présent reconnu comme une œuvre majeure. Le mystère qui s’en dégage tient autant à la distanciation de l’écriture cinématographique qu’à un parcours dialectique subtil entre la logique et l’irrationnel qui imprègne chaque plan et transforme les éléments de décor les plus familiers en symboles angoissants.

Pour donner au film une dimension universelle, Dreyer caractérise très peu ses personnages. Le travail du chef opérateur Rudolf Maté est remarquable, les lignes de force de chaque plan donnant l’impression que les objets mêmes prennent vie. Le hasard lui-même a collaboré à cette œuvre, car en raison d’un problème technique les contrastes n’ont pas pu être révélés sur la pellicule. Le film est donc baigné d’une étrange luminescence, un halo blanchâtre qui sied à merveille à son thème surnaturel.

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